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CETTE SEMAINE

Tchad et Zimbabwe : pas de signal

Kenya : Airtel-Safaricom, S02E01
Des gants 2.0 pour malentendants
Hackathons, piège à fonds ?

LONG COMBAT

Réseaux sociaux : Internet SF lance cinq mois d'opérations au Tchad...

Ce samedi, Internet sans frontières a répondu à une longue censure par une longue campagne. Alors que les réseaux sociaux sont inaccessibles au Tchad depuis le 28 mars 2018, l'organisation de défense des libertés numériques a décidé de se lancer dans cinq mois d'opérations pour dénoncer cette coupure non motivée.

Le taux de pénétration d'internet au Tchad (6,5%) est parmi les plus faibles du continent. Et pour beaucoup de Tchadiens, comme le souligne le blogueur Annadjib Ramadane, "la culture numérique se résume aux réseaux sociaux".

Il ne s'agit pas seulement, pour Internet SF et ses partenaires, de tirer la sonnette d'alarme mais de trouver aussi des solutions pour les centaines de milliers d'internautes privés de connexion. Celles-ci passent souvent par l'utilisation d'un réseau virtuel privé (VPN) et engendrent donc un coût non négligeable, même pour des habitants déjà habitués à un coût de l'internet prohibitif (autour de 11 euros le Go). L'ONG cherche donc à lever des fonds à travers une cagnotte lancée sur Leetchi afin de permettre à au moins 100 défenseurs des droits numériques de pouvoir se connecter.
BLOCAGE SANS FRONTIERES

… et le Zimbabwe censure lui aussi son peuple

Encore un… Après le Tchad, le Gabon ou la RDC, voilà que le Zimbabwe a lui aussi fait subir à sa population une coupure de l’internet et des réseaux sociaux. Tout a commencé ce mardi 15 janvier, lorsque des manifestations contre la hausse du prix des carburants et contre la vie chère ont été lancées à Harare, la capitale, et Bulawayo, dans le sud.

Selon le site zimbabwéen TechZim, certains opérateurs nationaux ont reçu lundi après-midi une demande du gouvernement de bloquer l’accès à certains réseaux sociaux, en vertu d’une loi zimbabwéenne de 2007 sur l’interception des télécommunications. Mais certains opérateurs sont allés plus loin en coupant l’ensemble de l’internet. Celui-ci est revenu mais le blocage des réseaux sociaux, lui, s’est poursuivi toute la semaine, obligeant les citoyens à utiliser des VPN pour contourner le filtrage.

Selon l’ONG Access Now, internet a de nouveau été coupé et les SMS bloqués à 10h du matin vendredi 18 janvier. De plus en plus récurrentes en Afrique, ces entraves numériques au gré du climat politique ont un coût, démocratique d’abord, mais aussi économique, pour les citoyens comme pour le pays.

En réponse, le groupe de hackers-activistes Anonymous a lancé une série d’attaques par déni de service (DDoS, lorsque l’on envoie de nombreuses requêtes d’accès à un site afin que le serveur du site ne puisse pas toutes les gérer et que le site plante) vers les sites du gouvernement zimbabwéen, raconte iAfrikan.

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ALLIANCE REBELLE

Kenya : Airtel repart à l’assaut de Safaricom

Au Kenya, le mobile est roi, mais le royaume appartient à Safaricom. Cet opérateur détient en effet près des deux tiers du marché de la téléphonie et ne cesse d'engranger les bénéfices, notamment grâce à sa célèbre plateforme de transfert d'argent et de paiement M-Pesa. Safaricom est d'ailleurs si puissant au Kenya qu'il a été menacé de démantèlement en 2017 pour laisser respirer la concurrence.

Mais la concurrence veut un peu plus que cela. Pour le groupe de télécoms indien Bharti Airtel, qui investit massivement en Afrique, cette hégémonie est en effet difficile à digérer. Après une fusion ratée l'année dernière avec le numéro 3 du secteur, Telkom Kenya, Airtel (2e) serait en négociation pour un rachat de celui-ci, via l'acquisition, selon Reuters, de parts détenues par la société londonienne Helios Investment.

PALABRE

Sur internet, les Sénégalais réclament un débat avant la présidentielle

Ira ? N’ira pas ? Le Sénégal et la diaspora sénégalaise attendent un signe du président Macky Sall pour savoir s’il acceptera de participer à un grand débat télévisé avec les autres candidats à la présidentielle du 24 février prochain. Idée lancée par Awa Mbengue, étudiante de 20 ans à Sciences Po Paris, d’après une pétition pour un tel débat lancé par la plateforme Sunuvote, la campagne #SunuDébat ("Notre débat"), a été très vite relayée sur les réseaux sociaux par le journaliste Papa Ismaïla Dieng.
Elle a généré plus de 10 000 tweets en seulement 72 heures, selon Jeune Afrique.

L’entourage de Macky Sall  semble sceptique. Le ministre chargé de la Communication du président, El Hadj Hamidou Kassé, n’y est pas favorable à cause de ce qu’il considère comme un "déferlement de violence verbale" et des "propos plutôt grossiers" des opposants. Certains autres candidats ont accepté la proposition et la chaîne privée 2STV serait disposée à diffuser l’événement.

ECHEC

Un pionnier du e-commerce nigérian tire sa révérence

Alors que le Cameroun a grimpé à la 10e place du classement de la Conférence des Nations unies sur le commerce (Cnuced) grâce à la forte croissance de son secteur du e-commerce, le Nigeria, lui, connaît quelques déboires dans ce secteur. Après les entreprises nigérianes OLX, Dealdey, and Efritin, c’est au tour de Gloo, une épicerie en ligne, de fermer ses "portes".

Créée en juin 2012, Gloo voulait devenir le "plus gros supermarché du Nigeria", selon son fondateur Olumide Olusanya dans une interview publiée dans Techpoint en 2015. Malheureusement pour cet ancien médecin, l’expérience a tourné court. Ce lundi 14 janvier, il annonce sur Twitter qu’il fermera Gloo pour ouvrir "une nouvelle entreprise de commerce" sur laquelle il travaille depuis 18 mois. S’il ne livre pas la raison de cette décision, il critique ouvertement le e-commerce en Afrique. En effet, leader dans ce secteur, le Nigeria et ses startups e-commerce sont à la peine pour transformer l’essai (lire l’analyse, en anglais de Quartz Africa).

MOBILE

Enfin la 4G au Burkina Faso !

Nous vous avons parlé (comme beaucoup d’autres) de la future arrivée de la 5G, en Tunisie notamment. Mais certains pays d’Afrique en sont encore bien loin… Au Burkina Faso, Orange vient tout juste d’annoncer, le 15 janvier, avoir acquis sa première licence pour installer la 4G.

Cette licence a coûté 40 milliards de francs CFA à l’opérateur, soit 61 millions d’euros, pour une durée de 15 ans. Ben Cheick Haidara, le directeur général d’Orange Burkina, s’est félicité de ce contrat ainsi que du renouvellement, pour la même somme, de ses licences 2G et 3G. "Cela va donner un coup d’accélérateur au processus de digitalisation de notre pays", a complété Hadja Fatimata Ouattara, ministre de l’Economie numérique et des Postes.
INGENIEUX

Malentendants : au Kenya, l'espoir au bout des doigts

L'histoire de Roy Allela est en train de faire le tour de la presse spécialisée en Afrique. Et pour cause, cet entrepreneur kényan de 25 ans a fait preuve d'une ingéniosité qui n'est pas passée inaperçue lorsqu'il mit au point, récemment, des gants connectés capables de traduire la langue des signes. Tout cela pour pouvoir initialement communiquer plus facilement avec sa nièce de 6 ans, malentendante de naissance.

Ces gants (appelés Sign-10), connectés en Bluetooth à un téléphone portable, reconnaissent les lettres grâce à la pliure des doigts et en transmettent la transcription à une application, chargée d'en restituer la traduction orale. "Ma nièce porte les gants, les connecte à son téléphone ou sur le mien, puis commence à signer, et je suis capable de comprendre ce qu'elle dit", affirme l'entrepreneur sur WeeTracker. Il assure par ailleurs que la traduction est fiable à 93%. Son histoire est à découvrir dans cet article.
UN PEU DE RECUL

Hackathons, concours : l'avertissement du blogueur Basile Niane

A Teknolojia, on aime bien relayer la tenue des hackathons, concours et autres forums, car c'est notamment là, estime-t-on, qu'émerge sur la scène tech internationale l'inventivité africaine. Et puis cette semaine, en faisant l'un de nos nombreux tours d'horizon de l'actualité du secteur, on est tombés sur un billet du blogueur et journaliste sénégalais Basile Niane. Un texte qui offre une autre perspective sur l'écosystème digital en Afrique et que l'on a souhaité partager ici.
Celui qui a lancé la plateforme d'information Social Net Link y évoque sans détour un pillage qui ne dit pas son nom, celui des bonnes idées et des talents africains au travers de nombreux rendez-vous organisés sur le continent. Un potentiel gâché, selon Basile Niane, qui bénéficie surtout "au grandes filiales". Aux concours et hackathons promus par ces dernières, le blogueur oppose l'impératif d'un accompagnement par les Etats, du développement des projets de coworking ou de la construction "d'incubateurs fiables". A lire.
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