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CETTE SEMAINE

RDC : le cobalt devient "stratégique"

La révolution data-centers en Afrique
L'Estonie et le Bénin en lune de miel
Niger : fisc 1 / télécoms 0

MATIÈRES PREMIÈRES 

RDC : mon si précieux cobalt

Sale temps pour les compagnies minières présentes en République démocratique du Congo et pour leurs clients. Kinshasa a décrété "ressource stratégique" le cobalt, que l'on trouve principalement dans son sous-sol, puisque la RDC assure 60% de la production mondiale de ce minerai. Le décret, présenté en début de semaine par le Premier ministre Bruno Tshibala, a pour conséquence directe de faire tripler la redevance que les opérateurs miniers devront payer à la vente. Ce taux était déjà passé de 2 à 3,5% en juin. Il sera désormais de 10%.

Le coup de fabrication de vos smartphones pourrait bien grimper, fait remarquer Quartz Africa, le cobalt entrant dans la composition des fameuses batteries lithium-ion, que l'on trouve autant dans les téléphones et que sous le capot des voitures électriques. D'autant que le coltan, notamment utilisé dans la fabrication des condensateurs, fait lui aussi partie, désormais, des ressources considérées comme "stratégiques" par la RDC.

Si Kinshasa souhaite avant tout empêcher les entreprises étrangères de "piller les richesses" du Congo, il profite aussi d'une envolée de la demande (lire ici une très complète analyse de l'Usine Nouvelle) pour faire rentrer les devises. Reste que l'argent du cobalt nourrit aussi de sombres desseins. Corruption, conflits armés, travail forcé : son extraction, à l'instar d'autres minerais en République démocratique du Congo, engendre de nombreuses dérives. 

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CONNEXIONS

CivicTech : le sud-africain GovChat s'exporte au Ghana

Mercredi, la plateforme de Civictech GovChat sera officiellement lancée dans l'ouest du Ghana, plus précisément à Sekondi-Takoradi, la plus importante ville de la région. Une première étape avant une diffusion nationale. Bien connue en Afrique du Sud, GovChat puise sa force dans sa capacité à connecter les citoyens aux administrations en utilisant des interfaces que les populations connaissent déjà. Dernier exemple en date : WhatsApp, que la plateforme a investi en septembre dernier dans son pays d'origine et grâce à laquelle les citoyens sud-africains auront accès "à plus de 10 000 représentants du secteur public", expliquait le ministre adjoint à la gouvernance coopérative, Andries Neil. 
Le Ghana n'est pas pas la seule nouvelle terre de conquête de GovChat. La compagnie projette de se développer également en République démocratique du Congo et au Nigeria. Les discussions sont déjà bien engagées avec les gouvernements. 
Découvrir GovChat

TOUTES PREMIÈRES FOIS

En Afrique, les data-centers poussent comme des champignons

C’est la période des "premières fois" pour les centres de données en Afrique. La semaine dernière, Microsoft annonçait être à quelques semaines de l’ouverture de ses data-centers de Johannesbourg et du Cap, en Afrique du Sud, soit les premiers du géant sur le continent africain, dont la construction avait été annoncée en mai 2017.

Cette semaine, on a également appris que Johannesbourg accueillerait prochainement le plus grand data-center en préfabriqué du continent. Un projet écologique à 500 millions de rands (31 millions d’euros) lancé par Internet solutions, qui possède déjà 17 centres de données dans le pays. "Réduire la consommation en énergie et en ressources est impératif en Afrique du Sud", résume Matthew Ashe, directeur exécutif d’Internet Solutions, sur le site IT News Africa. D’autant que les centres de données classiques sont des gouffres énergétiques.

Le Togo, lui, va construire son tout premier centre de données. Faure Gnassigbé, le président de ce pays d’Afrique de l’Ouest, a posé lundi 3 décembre la première pierre du Carrier Hotel, un projet de 15,3 millions d’euros financé par la Banque mondiale dans le cadre du Plan régional ouest-africain de développement des infrastructures de communications (WARCIP). Si son ouverture est prévue dans quinze mois, les médias de la région commencent déjà à évaluer ses usages.

BIOMÉTRIE

Un Djibouti 3.0 made in Germany

Devenir le "premier pays d’Afrique à disposer de documents administratifs entièrement biométriques". C’est l’objectif que s’est fixé le gouvernement djiboutien en signant le 2 décembre dernier un contrat avec Dermalog Identification System, une société allemande "pionnière" dans la biométrie, rapporte La Tribune. "Désormais, toute personne, Djiboutienne ou pas, qui se trouve sur le territoire national sera identifiée par un numéro d'identifiant unique qu'elle va garder toute sa vie, a assuré Cherif Daha Sy, représentant de Dermalog, aux médias nationaux. Toute personne sera identifiée, qu’elle change de nom ou pas. [...] La prochaine étape sera que l'on pourra s'identifier avec son doigt sans aucun document à travers le territoire djiboutien.”

Ce contrat permettra aussi de numériser tous les documents officiels du pays. Mais pour Hassan Omar Mohamed, ministre djiboutien de l'Intérieur, l’autre avantage à la signature d’un tel contrat est sécuritaire. En effet, Dermalog numérisera également le système ABIS de la police criminelle, soit la base de données qui regroupe tous les casiers judiciaires des Djiboutiens.

ECHANGES

Numérisation : le Bénin cherche l'inspiration très au nord

De -1 degré à Tallinn, la présidente estonienne est passée aux 30 degrés de Cotonou. Mais elle y a certainement trouvé le même climat propice à l'innovation que l'on connaît bien sur les bords de la Baltique. Faisant écho à la venue du président Patrice Talon en Estonie il y a deux ans, Kersti Kaljulaid est arrivée au Bénin pour une "visite de travail" de deux jours, mardi dernier. 

Le modèle d'e-gouvernement de l'Estonie fait bien des envieux dans le monde, et le Bénin aimerait bien, lui aussi, s'en inspirer en transposant notamment la fameuse plateforme X-Road : depuis 2001, c'est l'épine dorsale de la numérisation de la société estonienne, permettant à chaque citoyen, muni d'une carte d'identité, elle aussi numérique, de se connecter et d'échanger rapidement avec les administrations (99% des services y sont) mais aussi avec des entreprises privées. Un accord a été signé en ce sens. 

Mais il n'a pas juste été question de partenariats lors de la visite de Kersti Kaljulaid. "Nos compagnies s'intéressent à l'Afrique aujourd'hui car le marché occidental est saturé", a-t-elle confié dans un entretien à l'Agence Ecofin, avant de s'envoler pour Dakar.

MILLENIALS DE TOUS PAYS...

Vingt médias d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient arrivent sur Snapchat

Alors qu’elle tente de se relancer après une période de crise, l’application Snapchat vient de conclure un accord avec 20 médias du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord pour leur faire une place sur sa plateforme d’actualité, "Discover".

L’application revendique "plus de 12 millions d'utilisateurs quotidiens actifs" dans cette région du monde, assure Rami Saad, responsable des partenariats internationaux chez Snap Inc., sur le site de l’Agence Ecofin. “La monétisation sera possible dès le premier jour dans tous les formats que nous lançons”, précise-t-il.

Le média ajoute qu’un accord similaire "pourrait être annoncé entre le réseau social et des médias d’Afrique subsaharienne". Contactée par Teknolojia, l'entreprise Snap Inc. n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

NIGER

Le fisc attaque, Orange contre-attaque

A Niamey, les agences des opérateurs téléphoniques ferment les unes après les autres… Après Orange Niger, dont les locaux ont été mis sous scellés par les autorités le 29 novembre dernier, c’est au tour d’Airtel Niger, filiale du groupe indien Bharti et leader des télécoms dans le pays, de voir ses portes se fermer, a annoncé la compagnie le 8 décembre.

Le fisc nigérien accuse ces deux géants du téléphone de "non-paiement d’impôts". Un redressement fiscal de 22 milliards de francs CFA (33 millions d’euros) pour Orange - soit 50% de son chiffre d’affaires - et 62 milliards de francs CFA (94 millions d’euros) pour Airtel. Cette décision est vivement critiquée par Orange Niger, qui a demandé un recours, dans un communiqué publié le 30 novembre. Airtel, de son côté, n’a pas encore réagi.

Les quatre opérateurs de téléphonie exerçant au Niger sont affectés par ces redressements fiscaux. Ils se partagent 7,7 millions d’abonnés aux services de téléphonie mobile, pour une population de 19 millions d’habitants. Niamey, la capitale nigérienne, est engagée dans "une vaste campagne de recouvrement d’impôts pour améliorer ses recettes, dont une bonne partie sert à financer la lutte contre le terrorisme", explique Jeune Afrique.

COMPÉTITION

La TechCrunch Startup Battlefield Africa se dispute au Nigeria

Nairobi l'année dernière, Lagos cette année. Le concours de startups d'Afrique subsaharienne se déplace au Nigeria, mardi prochain. Les entreprises s'affronteront dans trois catégories (social good, productivité et divertissement) devant un parterre d'investisseurs et de responsables gouvernementaux (consultez le programme). Un évènement une nouvelle fois sponsorisé par Facebook. 
L'édition 2017, malgré son succès, avait été entachée de soupçons de favoritisme, maintient le site iAfrikan (son enquête est à lire ici), la startup lauréate, LORI Systems, ne figurant pas dans la liste de départ et accueillant en outre une soirée liée à l'évènement.

Nous relaierons évidemment sur les comptes Teknolojia les résultats de ce concours. 
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