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CETTE SEMAINE

Sénégal: les messageries menacées ?
Un premier satellite pour l'Ethiopie
Frais: Western Union épinglée
Des assistants vocaux peu africains

REGULATION

Sénégal: WhatsApp bientôt restreint par le gouvernement ?

 

Au Sénégal, le nouveau code des communications électroniques, adopté par le gouvernement le 6 juin dernier et tout juste voté à l’Assemblée nationale, fait bondir les associations de défense des libertés sur internet. Son article 27 permettra au gouvernement de restreindre ou de filtrer l’utilisation des applications “over the top” (OTT), soit les services utilisant internet pour communiquer, comme WhatsApp, Viber ou Skype. L’objectif : soutenir les services de télécommunications classiques, fortement touchés par la concurrence de ces applications.
 

  • “L’Autorité de régulation peut autoriser ou imposer toute mesure de gestion du trafic qu’elle juge utile pour, notamment, préserver la concurrence dans le secteur des communications électroniques et veiller au traitement équitable de services similaires.” (Article 27)

“L’heure est grave”, a affirmé Ibrahima Lissa Faye, président de l’Association de la presse en ligne (APPEL), dans les colonnes de Ouestaf. Il prévoit des “restrictions des réseaux sociaux qui risquent d’envoyer beaucoup de jeunes au chômage”. Pour Ndiaga Gueye, président de l’Association sénégalaise des utilisateurs des TIC (Asutic), également interrogé par Ouestaf, l’article 27, “c’est la censure d’internet”. “Le secteur connaît des évolutions rapides qu’il était important pour nous de prendre en compte”, justifie Abdoulaye Bibi Baldé, ministre de la Communication (à lire sur le site de CIO Mag).

Selon le blogueur Papa Ismaïla Dieng, cet article est contraire à la neutralité du Net et pourrait se traduire par une limitation de la bande passante, voire une taxation sur les OTT - qu’on a vu en Ouganda ou encore au Bénin, où la campagne #TaxePasMesMo a fait reculer le gouvernement.

Sur les 9,6 millions d’internautes sénégalais, 88,6% sont abonnés à internet via le smartphone ou la tablette, selon les chiffres de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP).

DANS LES ETOILES

L'Ethiopie lancera son premier satellite grâce à la Chine 

Le projet spatial de l'Ethiopie entre dans le concret. Début novembre, l'Agence éthiopienne des sciences et technologies de l'espace annonçait qu'un satellite national serait bel et bien lancé en septembre 2019, avec le concours de la Chine. Après une réunion en août, les représentants des deux agences spatiales se sont à nouveau rencontrés la semaine dernière. 

Pékin devrait financer les trois-quarts des huit millions de dollars que coûtera la capsule principalement destinée aux mesures du climat. L'Ethiopie rejoint ainsi le club encore très fermé des pays africains ayant défié la stratosphère (ils sont désormais huit avec l’Egypte, l'Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigeria, le Maroc, le Ghana et le Kenya). 
 
Si la Chine collabore à ce premier lancement, il n'en sera pas de même pour le second. Addis-Abeba souhaite en effet être en mesure de lancer un autre satellite, de façon totalement indépendante cette fois, grâce au transfert de technologies induit par cette première collaboration.

En attendant, certains experts sont sceptiques, relève Quartz Africa : "Bien qu'Addis-Abeba indique qu'elle utilisera le satellite pour surveiller les cultures et les conditions météorologiques, elle pourrait aussi l'utiliser à des fins d'espionnage", notamment de dissidents. 

TRANSFERT D'ARGENT

L’UFC-Que choisir porte plainte contre Western Union et MoneyGram

Transférer de l’argent vers le Maroc avec Western Union ou MoneyGram, les deux leaders du marché, est 16% plus cher depuis la France que depuis n’importe quel autre pays européen. Pour un envoi de 170 euros, la facture s’élève à 11,40 euros, et cela à cause d’une surfacturation des frais liés au transfert pratiquée pour certaines des principales destinations d’envoi depuis la France (Maroc, Algérie, Vietnam, Sénégal, Inde).

C’est l’une des conclusions accablantes du rapport dressé par l’association française de consommateurs UFC-Que choisir, qui accuse également les deux géants du transfert d’argent de cacher à leurs clients les frais de change, dont le montant n’est jamais indiqué avant la transaction. Ils représentent pourtant 26% du coût de l’ensemble des transactions, soit, pour l’année 2017, un manque à gagner de 110 millions d’euros.

L’UFC-Que choisir a donc décidé de porter plainte contre Western Union et MoneyGram pour “pratiques commerciales trompeuses” dues à leur position dominante - les deux entreprises se partageant les deux tiers du marché mondial, indique RFI.

“Pour nous, c'est grave. L'impact économique sur les personnes qui font des transferts d'argent est considérable, explique aux Echos Alain Bazot, le président de l'UFC-Que Choisir. Il faut sanctionner l'opacité qui concourt au déficit de concurrence.”

Lire le rapport

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FAUNE

Des drones pour la sauvegarde des antilopes au Niger

Niamey veut préserver ce qu'il reste d'antilopes à nez tacheté sur son territoire grâce à des drones. En 2016, l’Union internationale pour la conservation de la nature n'avait pu identifier que trois individus vivant à l'état sauvage. "Nous assistons en direct à l’extinction de cette espèce emblématique et autrefois très nombreuse", déclarait alors le Pr Jean-Christophe Vié de l'UICN.

Le site iAfrikan précise que ces drones, fournis par la société française Noe, serviront également à surveiller les populations de gazelle dama et de guépard.

"OK GOOGLE"

Les langues africaines en quête de reconnaissance... vocale 

On ne manquait pas vraiment d'inégalités technologiques. En voici pourtant une nouvelle. L'étude co-rédigée par l'accélérateur Digital Financial Services Lab et le cabinet Caribou est implacable : les célèbres assistants vocaux ne sont pas près de parler wolof ou yoruba. 

Ce n'est pas que les technologies de Traitement automatique du langage naturel (NLP en anglais) ne progresse pas. C'est évidemment le contraire. Ni que ces technologies séduisent moins : en 2021, le nombre d'assistants vocaux devrait dépasser le nombre d'humains sur la planète (7,5 milliards). 

C'est en fait, pour beaucoup, une simple question d'argent, relèvent les auteurs de l'étude. Ils écrivent ainsi : "Les fournisseurs de plateformes soulignent le fait que beaucoup d'entre eux ont du mal à voir le retour sur investissement dans le développement de services pour les populations à faible revenu ou les langues moins largement parlées. [...] Nous pouvons calculer la valeur commerciale approximative d'une langue en multipliant le nombre de locuteurs par le PIB national par habitant de ces locuteurs. Si l'on classe les langues par valeur commerciale, on constate que les 100 premières langues couvrent environ 96% du PIB mondial. Cependant, ces 100 langues couvrent moins de 60% de la population totale vivant avec moins de 1,90 dollar par jour." 

Autre problème de beaucoup de langues africaines : le manque de données. Pour "comprendre" une langue, les logiciels de reconnaissance ont besoin au bas mot de 100 000 heures d'enregistrement et d'un répertoire de termes suffisant. 
Lire le rapport

TRANSPARENCE

Au Togo, les données ouvertes ont désormais leur conférence

A Lomé, la communauté open source Minodoo a réussi son pari : organiser la première conférence consacrée aux données ouvertes en Afrique, celles qui sont en libre accès pour que chacun puisse les utiliser, les modifier, s’en servir pour son usage personnel ou pour créer un service ou une application. L’Open Data Day s’est déroulé le vendredi 30 novembre à l'Hôtel 2 Février, dans la ville qui a vu naître le WoeLab, le premier fablab du continent.

On y retrouvait de nombreux acteurs de l’open source, et notamment toute la communauté OpenStreetMap d’Afrique de l’Ouest, du nom d’un logiciel de cartographie similaire à Google Maps mais qui récolte des données dont les développeurs peuvent se servir pour toute autre utilisation.

La ministre togolaise des Postes et de l’Economie numérique, Cina Lawson, était présente pour promouvoir la plateforme gouvernementale d’open data.

“A l’issue de cette conférence, on aimerait que les acteurs de l’administration publique soit informés et formés sur ce que c’est que l’open data et qu’ils mettent à disposition des populations les données”, a précisé Eklou Kodjo Amemassovor, coordonnateur de la conférence.

Pour l’ambassadeur des Etats-Unis David Gilmour, dont l’établissement était partenaire de l’événement, “le Togo doit aller plus loin pour bénéficier des avantages des données”. Il a invité le pays à rejoindre le Partenariat pour le gouvernement ouvert (PGO).

CYBER-HARCÈLEMENT 

Julie Owono : “Les violences contre les femmes ont un impact sur l’économie”

“En Afrique, les données sur la cyberviolence envers les femmes sont peu récoltées, ce qui rend difficile l’évaluation de son ampleur.” C’est le sombre constat dressé par Julie Owono, directrice de l’ONG Internet sans frontières, dans une tribune publiée sur le site du magazine camerounais Digital Business Africa. Si la plupart des Etats du continent se sont dotés de lois contre la cybercriminalité, l’avocate déplore que le cyber-harcèlement ait été éludé.

Pourtant, souligne-t-elle, “les violences contre les femmes ont un impact sur l’économie nationale”. A commencer par leur inclusion dans le secteur numérique : une femme a deux fois plus de risques qu’un homme d’être victime de cyber-violence (revenge porn, menaces, harcèlement…), selon une étude du Pew Research Center citée par l’activiste. De quoi passer l’envie à certaines “d’innover et de créer de la richesse grâce à l’outil numérique”, ajoute-t-elle.

Le cyber-harcèlement n’a été pris au sérieux que très tard par de nombreux pays dans le monde : la France n’a voté une loi contre le revenge porn qu’en 2016… Mais de plus en plus de pays proposent un soutien moral et juridique, comme le Pakistan avec la Digital Rights Foundation ou le Kenya, où la police est formée par Facebook, la Banque africaine de développement et l’Autorité de régulation des télécommunications sur ces questions.

1,2,3... INFORMEZ !

Radio Madagasikara informe (aussi) par messages vocaux

A Madagascar, Radio Madagasikara informe désormais les moins fortunés en optant pour le mobile plutôt que le transistor. Des nouvelles quotidiennes, par messages vocaux, sont ainsi publiées sur le Service 3-2-1, accessible gratuitement aux abonnés d'Airtel par un simple numéro (le 321). 
A ce jour, 2000 personnes l'utilisent quotidiennement, relate l'agence Ecofin, qui précise que le Service 3-2-1 existe sur la Grand île depuis huit ans.

Il permet la diffusion de messages vocaux gratuits relatifs à la santé, l'agriculture ou encore l'élevage.
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