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"T'as un animal totem ?" Cette question, on me l'a posée plusieurs fois. Lors d'une conversation avec des ami-e-s, sur les réseaux sociaux, dans les stories Instagram où vous devez décliner en GIFs votre identité de "sorcière". Sur Internet, on nous encourage sans cesse à partager - et revendiquer - notre signe du soleil, notre ascendant et notre signe lunaire, mais aussi notre animal totem ; créant ainsi - chez moi en tout cas - une sorte de frustration : mais c'est quoi au juste mon animal totem ? 

Je l'avoue complètement : je me suis renseignée pour le trouver. Poussée par l'élan collectif, je ne pouvais pas ne plus pouvoir répondre à cette question. Heureusement, il est facile et rapide de trouver en deux ou trois clics sur un moteur de recherche différentes manières de rencontrer son animal totem. Une méditation sur YouTube, un test sur un site de divertissement ou même d'actualité... Les conseils et outils ne manquent pas dans la jungle du web. 

Pourtant, impossible de trouver le mien. D'abord, parce que je me suis dit que le processus manquait de sacré. De spiritualité. Je n'avais pas vraiment envie de tout miser sur une méditation glanée au gré des algorithmes de Youtube.



Puis, j'ai réfléchi au concept. Jamais je ne l'ai en fait vraiment compris. Jamais je n'ai ressenti de lien avec les animaux. Encore moins avec un animal en particulier. Que ce soit en rêve ou dans la réalité, mes interactions avec eux sont minimes et, dans ma pratique spirituelle, elles sont inexistantes. 

Et puis récemment, j'ai revu ces posts sur les réseaux sociaux et j'ai vu des personnes s'en inquiéter. Il y a eu des réflexions en privé avec mon coven, des posts publiés par Cathou (que vous avez déjà pu lire dans le numéro 3 de Spell It Out) dans ses stories Instagram, et des articles écrits par des personnes concernées. Plusieurs fois, j'y ai vu ces mots lourds de sens : "appropriation culturelle"



Voilà donc pourquoi tout le discours autour de l'animal totem me gêne tant : il est porté, dans mon entourage en tout cas, par des personnes blanches et occidentales. Parfois même, elles ne revendiquent aucune spiritualité. L'animal totem devient alors un nouveau truc cool à brandir sur ses réseaux sociaux ou dans un apéro, histoire de montrer à quel point on a conscience de soi (mais pas vraiment de l'héritage historique et spirituel qui en découle).

Certaines personnes diront que le fait d'avoir un animal totem n'est pas de l'appropriation culturelle puisqu'aucun business n'est en jeu. Il s'agit tout simplement de retrouver du lien avec la nature et si cela nous fait du bien à nous, comment cela peut-il faire du mal à d'autres ? Par "autres", j'entends les communautés à l'origine du concept d'animal totem, ces mêmes communautés qui ont été dépossédées de leurs terres, obligées de cacher leurs croyances pour rentrer dans un moule occidental et qui voient aujourd'hui leurs cultures reprises par influenceur·euse·s, marques, entrepreneur·euse·s issu·e·s (ou pas) du monde spirituel. 

"Ceux qui s'approprient ces cultures prennent et choisissent tout ce qu'ils trouvent d'utile et rejettent le reste, ignorant les revendications des tribus selon lesquelles les systèmes de croyances des peuples natifs sont communautaires [dans le sens où ils appartiennent à une communauté], et non pas centrés sur la foi d'un seul individu comme dans le christianisme, et sont spécifiques à chaque tribu", détaille l'autrice et artiste païenne Lupa dans un article (en anglais) datant de 2006 (!). Ce dernier explique les différences entre le "totémisme" traditionnel et païen. 

Bien sûr, quand on a des croyances et une pratique, les animaux ont toute leur place. Ce n'est pas parce que je ne travaille personnellement pas avec eux que personne ne doit - et ne peut - le faire. Mais le choix des mots, des termes et des expressions a une importance particulière au regard de l'histoire dans laquelle nos pratiques s'inscrivent.

"Si vous n'êtes pas Indigène, il est temps d'étendre votre vocabulaire", explique la tarologue Donyae Coles dans un article (en anglais) intitulé
"Je ne suis pas ton 'spirit animal' : l'appropriation culturelle, la désinformation et Internet" et que je vous invite à lire à tête reposée.

"La leçon à tirer de la problématique de l'appropriation culturelle est de rappeler d'où provient votre information et comment vous la représentez aux autres", conclut alors Lupa.

Note : cet édito ayant été écrit par moi (une femme blanche et occidentale), il peut comporter des maladresses et des erreurs ; malgré ma lecture du "Indigenous Ally Kit", édité par le réseau pour la stratégie urbain de la communauté autochtone de Montréal et recommandé par l'activiste Allen Salway sur Instagram. Le sujet est complexe et ne va pas forcément dans le sens de la tendance actuelle, mais il me paraissait nécessaire d'en parler, quitte à mettre les pieds dans le plat et à dire des bêtises. L'avantage étant que je suis désireuse d'apprendre et de corriger mes erreurs, s'il y en a. L'objectif n'est pas non plus de culpabiliser les autres mais de réfléchir, ensemble, vers une façon de vivre qui respecte tous les individus. 

LES LIENS
  • Une réflexion très intéressante sur la "sorcellerie 2.0" et une liste de sorcières (anglophobes) à suivre sur YouTube par les Éditions du Faune
     
  • L'Amazonie brûle et la sorcière et militante éco-féministe Starhawk propose de passer à l'action !
     
  • En Inde, la sorcellerie et la magie noire (sujets profondément tabous) entrent dans le débat politique, rapporte le site de la RTS
                            
  • Visite guidée par La Lune Mauve du Museum of Witchcraft and Magic, le musée des sorcières en Cornouailles
     
  • Si vous n'avez pas la chance de passer par les États-Unis ces prochaines semaines, voici un résumé de l'exposition photographique "Witches" de William Mortensen au Musée de la magie et de la sorcellerie de Cleveland
     
  • Une analyse pointue de la "figure de la sorcière dans la mythologie Netflixienne" à lire chez Simonae (attention aux spoilers !)


     
  • Vous avez déjà croisé le nom d'Hécate quelque part mais vous ne savez pas grand chose sur cette divinité ? Aucun problème ! Cathou a lancé cet été une série de vidéos riches et nuancées 
     
  • L'équinoxe d'automne (ou "Mabon") aura lieu le 21 septembre et Mystic Moon explique tout ce qu'il faut savoir sur cette "fête des récoltes"
     
  • Comment protéger son énergie quand on vit dans un milieu urbain ? Voici 4 façons de le faire, par The Traveling Witch 
     
  • Le Paolo Santo est devenu une "tendance" qui a quitté le monde spirituel. Sa senteur se retrouve désormais dans des parfums, des plats et cocktails... Refinery 29 offre un questionnement intéressant pour expliquer pourquoi cette "tendance" pose problème
     
  • Agenda : Dangereuses Lectrices, festival de littérature féministe sous le signe de la sorcière, aura lieu les 28 et 29 septembre à Rennes / lancement du podcast "Soeurstellaire" le 28 septembre

LE COIN D'UNE SORCIÈRE MODERNE 
Éloïse Mehard, Palm reader et étudiante en chirologie védique
Merci à Eloïse d'avoir participé à l'écriture de ce numéro de Spell It Out 🙏 

Pour suivre son travail et faire appel à ses services en tête à tête ou lors de vos événements, RDV sur son compte Instagram et son site internet

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COUP DE COEUR CULTUREL
"Léa and I", documentaire à voir sur Netflix
Léa Moret et Camille Shooshani sont meilleures amies. Tout juste diplômées de leur école de cinéma, elles prennent la route, caméra au poing, pour filmer leur road trip à travers l'Amérique latine. Objectif : mettre au défi la médecine "moderne" et occidentale et trouver un remède à la maladie de Léa : la mucoviscidose.

Cette maladie génétique incurable touche un nouveau-né sur 4000. L'espérance de vie des malades est aujourd'hui estimée à moins de 40 ans. À la vingtaine passée, Léa en serait donc à la moitié de sa vie. Un fait qui semble plus effrayer sa meilleure amie qu'elle même, tant Léa préfère fumer et oublier son traitement plutôt que de s'empêcher de vivre.

Du Mexique au Chili, en passant par le Pérou, Léa va alors tenter plusieurs médecines dites "alternatives" en espérant ainsi améliorer son état. Un pari loin d'être gagné d'avance : la maladie est inscrite dans son ADN, comment un miracle pourrait-il être possible ?

"Il y a des choses que les médecins ne peuvent pas faire. Mais que les plantes peuvent", résume alors un chaman péruvien aux deux amies alors qu'elles s'apprêtent à passer 10 jours à boire de l'Ayahuasca, breuvage préparé et consommé par de nombreuses communautés en Amazonie et qui, depuis plusieurs décennies maintenant, attire les touristes occidentaux, désireux de vivre une expérience mystique ou, comme Léa, de guérir d'une maladie physique ou d'un trauma. 

Le documentaire aurait pu tomber très facilement dans l'irrespect, le voyeurisme ou le sensationnalisme (appropriation culturelle, toussa) mais le positionnement des deux jeunes femmes parait honnête et réfléchi. Elles questionnent d'ailleurs cette "tendance" de la prise de l'Ayahuasca chez les Occidentaux et ne sont pas là pour opposer médecines moderne et ancestrales. 

Le film bascule cependant lentement vers une quête de soi, où l'amitié tient une place de choix. Et si guérison il y a, elle est beaucoup plus intérieure que physique...

Léa and I, documentaire disponible sur Netflix, à regarder en gardant un esprit critique mais ouvert et bienveillant !
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