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Alors que nous clôturons l'année 2020, une année qui a été difficile et épuisante, nous avons été témoins des avancées durement acquises en matière d'égalité des sexes, de défense des droits des femmes et de libertés fondamentales garanties érodées et inversées dans différents pays d'Afrique. Nous avons commencé l'année avec une Lettre des femmes et filles africaines au Président de l'UA, le Président Cyril Ramaphosa. Le thème de l’année de l’Union Africaine a été de «Faire taire les armes» et de même cela était notre appel de clairon à faire taire les armes, à défendre le secteur et à investir davantage dans la protection sociale et l’égalité des sexes. L'épidémie de la pandémie COVID-19 en février/mars 2020 a révélé et exacerbé les inégalités systémiques préexistantes, les injustices normalisées et la discrimination structurelle. En conséquence, les populations les plus vulnérables et marginalisées, dont les voix ont été systématiquement réduites au silence et dont les intérêts ne sont presque jamais servis, ont non seulement été laissées pour compte mais également poussées davantage dans l'extrême pauvreté. Les femmes africaines restent aux échelons inférieurs des indices de développement. La pandémie a révélé des lacunes flagrantes en matière de contraception, d'éducation sexuelle complète, de systèmes de santé et de protection sociale faibles. Nous terminons l'année avec plus de filles qui ne devraient pas retourner à l'école en raison de grossesses d'adolescentes; nous avons vu plus de filles que jamais subir des mutilations génitales féminines et une fois de plus la violence sexiste a explosé et il était clair pour tous que la maison n'est pas un endroit sûr et la sphère publique ne l’est pas non plus, car nous avons vu des femmes et des filles dans toute leur diversité, être violées par le système censé les protéger.

Toutefois, dans tous ces défis, les femmes africaines ont fait preuve de résilience, étaient connectées dans une solidarité mondiale avec d'autres féministes, ont saisi des opportunités pour aller de l’avant et ont fait entendre leur voix sur les plates-formes régionales et mondiales comme jamais auparavant et ont influencé les politiques, les processus et les résultats de la meilleure façon possible. C'était la fin de la Décennie des Femmes Africaines et le début de la décennie pour les femmes africaines et l'inclusion financière; oui, d'une décennie à l'autre la lutte pour les droits humains des femmes se poursuit. En 2020, nous avons célébré les 25 ans du plan révolutionnaire de Beijing +25 et commencé les travaux préparatoires pour le Forum d’Egalité des Générations.

A FEMNET, nous nous sommes rappelées la nécessité d’être la gardienne de notre sœur et la raison pour laquelle nous devons rester résolues à exiger une Afrique égale, inclusive et durable - ancrée dans l’esprit panafricain d'ubuntu! Nous grandissons en tant que mouvement, nous avons persévéré au secrétariat, nous avons triomphalement finalisé le Plan stratégique 2020-2029, fait un exercice de développement organisationnel, déménagé et vu tant de transition. Nous ne pouvons pas suffisamment remercier nos membres, nos partenaires et nos alliances pour avoir contribué collectivement à notre succès et à nos apprentissages au milieu de la pandémie. ASANTE! Rejoignez-nous pour partager avec vous nos points forts de l’année 2020 ci-dessous: -
COVID-19: La pandémie d'inégalités
 
Nous avons tous été témoins de la façon dont la pandémie du COVID-19, comme toutes les autres crises, a affecté de manière disproportionnée les femmes et les filles. Alors que la pandémie est considérée comme un «problème de santé», sa gestion et son impact ont eu des conséquences économiques, sociales, politiques et psychologiques critiques sur la vie et les réalités des femmes et des filles dans toute leur diversité. Depuis mars 2020, FEMNET est au premier plan pour travailler et plaider en faveur d'une approche féministe dans tous les plans de riposte et les stratégies de relèvement à l’égard de COVID-19. Le personnel du secrétariat de FEMNET et les membres de FEMNET ont co-élaboré le Plan d'intervention des femmes Panafricaines contre COVID-19 afin de coordonner et soutenir les femmes et les filles africaines dans leur réponse au COVID-19 tout en influençant les politiques publiques et la réponse de l'Etat à la pandémie. Alors que nous partagions des conseils pour le bien-être collectif au moyen du kit de santé mentale féministe et du guide de soins des sœurs et que nous avions des conversations de cœur à coeur et des appels de contrôle avec nos membres et partenaires, FEMNET a continué à réfléchir collectivement à l'impact du COVID-19 sur les femmes et les filles africaines. Les principales recommandations pratiques pour une réponse #InclusiveLockdown ont été partagées avec les leaders lors d'un webinaire avec l'UA sur la préparation et la réponse au COVID-19 et ont constitué une référence utile pour le partage d'informations et l'influence.

En avril 2020, avec ses membres et partenaires, FEMNET a lancé le hub en ligne Pan-African Women COVID-19. Le hub en ligne est une plate-forme Web à guichet unique qui continue d'être mise à jour régulièrement avec des ressources d'informations importantes sur le COVID-19 en Afrique d'un point de vue féministe. Toutes les ressources y postées sont disponibles pour être utilisées par les défenseurs, les militantes et les féministes afin de faire pression et influencer pour obtenir des réponses et des recouvrements dignes et inclusifs au COVID-19 par les détenteurs d'obligations dans différents pays africains – et surtout pour utiliser la plateforme dans le cadre de partager et raconter leurs histoires, expériences et réalités vécues au cours de cette pandémie. Le Hub en ligne est géré par FEMNET au nom de nos divers membres et partenaires – et ensemble nous continuons à faire appel à TOUTES les stratégies d’intervention et mesures de rétablissement au COVID-19 aux niveaux national, régional et mondial d’être INCLUSIVES et DIGNIFIÉES, afin que les populations les plus vulnérables de nos communautés soient identifiées, respectées et servies en premier.

Dans la solidarité féministe, FEMNET a approuvé les déclarations faisant appel à une réponse féministe et à un rétablissement au COVID-19, y compris la politique féministe de COVID-19; la réponse féministe au COVID-19 et la déclaration de reprise économique post-COVID-19 féministe africaine.

En octobre 2020, FEMNET a organisé une table ronde webinaire sur le rôle de la CADHP dans la promotion des droits de la femme à la lumière de la pandémie COVID-19. Le webinaire a attiré 45 participants d'organisations et de défenseurs des droits humains aux niveaux mondial, régional, national et communautaire. De riches conversations au cours du webinaire ont permis de mieux comprendre les multiples effets croisés de la pandémie et d’explorer des moyens pratiques d’aider les organisations de défense des droits des femmes à travers les divisions tout en travaillant avec les femmes et les filles dans toutes leurs diversités. Les discussions ont également enrichi la compréhension populaire du système africain des droits humains, à savoir: i) la Commission Africaine des Droits Humains et des Peuples (CADHP); ii) Comité Africain d'Experts sur les Droits et le Bien-être de l'Enfant (CAEDBE); iii) la Cour Africaine des Droits Humains et des Peuples (AfCHPR) et iv) l’Union Africaine et sa contribution au bien-être et à la promotion des droits des femmes et des filles en Afrique.
Nous, adolescentes africaines, continuons à PARLER DE NOS VÉRITÉS - ÉCOUTEZ-VOUS? Quand allez-vous AGIR?

Tout au long de l'année 2020, FEMNET a aidé les filles à accéder à des plateformes virtuelles pour qu’elles se mettent en réseau, amplifieent leur voix et interagissent avec les décideurs. FEMNET a organisé trois réunions virtuelles avec des filles et des jeunes femmes de toute l'Afrique lors de la Journée de l'Enfant Africain, la Journée Internationale de la Fille et une autre pour célébrer le travail accompli par les filles et les jeunes femmes dans la lutte contre la pandémie COVID-19.

«Merci pour le webinaire d'aujourd'hui, c'était incroyable. Merci pour le travail que vous faites pour que nous soyons représentées et présentes dans les espaces qui nous appartiennent. Je suis profondément reconnaissante et je continuerai à rendre fières les adolescentes africaines. Je suis honorée d'être associée à FEMNET. Mon cœur vous bénit. Restez en sécurité 🌹» Par Liz Lum, 17 ans, Cameroun.
 
«J'ai toujours admiré le pouvoir des femmes. J'ai toujours rêvé d'être une super-héroïne, de diriger le monde, de sauver les gens des catastrophes. Mais maintenant que j’ai grandi, je me suis rendue compte que la seule catastrophe au monde est le patriarcat. J'ai souffert pour obtenir des réalisations. Et si je veux être président ? A quels défis vais-je faire face ? Quels défis les prochaines générations vont-elles relever? A quoi les filles et les femmes du monde entier seront-elles confrontées? Me voici donc, énergique et enthousiaste, prête à participer dans FEMNET.
 
J'en ai entendu parler par une amie. J'ai été étonnée et je me suis demandée: suis-je trop en retard pour y participer? Est-ce que je le veux vraiment? Enfin, je me suis retrouvée – avec un fort potentiel de leadership – prête à donner l'exemple aux jeunes filles du monde entier, à partager les histoires de mon expérience et de mes réussites, à être une membre efficace dans ce monde, une femme efficace. Je suis vraiment intéressée par cette organisation. Cela a répondu à mes attentes car je veux élever la voix et exprimer mes pensées féministes. Je l'ai cherchée sur Google, j'ai beaucoup cherché et j'ai découvert des programmes intéressants et des opportunités que vous offrez aux adolescentes comme moi pour s'exprimer. Je serais très heureuse de participer à votre prochain événement et je vous promets que je serai à la hauteur. S'il vous plaît, gardez à l'esprit qu'il y a toujours ici en Tunisie cette femme féministe ambitieuse prête à être active et à travailler dur. Restez en sécurité et lavez-vous les mains 😄!  Par Maram Hannachi, 17 ans, Tunisie
 
Lors de la Journée Internationale de l'Enfant Africain, le 15 juin 2020, plus de 60 filles et jeunes femmes dans toute leur diversité ont eu l'opportunité de continuer à EXPRIMER leurs VÉRITÉS et d'interagir avec Nyaradzayi Gumbonzvanda, Ambassadrice de bonne volonté de l'Union Africaine sur la maltraitance des enfants, qui a réitéré les sentiments des filles selon lesquels «les filles ont des droits qui doivent être protégés et doivent être rendus accessibles à toutes. La police et les tribunaux devraient être adaptés et traiter les filles qui ont signalé des cas de violations comme des survivantes et non comme des autrices». Mme Nyaradzayi s'est engagée à faire en sorte que les besoins et les priorités des filles soient partagés et pris en compte dans son bureau à l'UA.
Lettre aux présidents africains par des adolescentes africaines: notre URGENT appel à l'action de Clarion!
Chers présidents, comme le rappelle notre proverbe africain, «c'est celui qui habite la maison qui sait où se trouve une fuite de pluie dans le toit». En tant qu'adolescentes africaines, nous savons là où «le toit de nos vies a une fuite» - c'est dans les systèmes et institutions judiciaires qui ne sont pas adaptés aux enfants.
 
Par la présente, nous partageons avec vous nos priorités et actions clés qui sont fondamentales pour un système de justice adapté aux enfants dans tous les pays d'Afrique.
  1. Tous les systèmes et institutions judiciaires des pays africains doivent être adaptés aux enfants et transparents. Toutes les décisions et politiques doivent être suivies d'une mise en œuvre cohérente et effective aux niveaux local et national.
  2. Les enfants n'appartiennent pas à la prison! Tous les gouvernements doivent créer des tribunaux pour enfants et accélérer l’accès à la justice pour toutes les filles et tous les garçons! Justice retardée, justice refusée!
  3. Les gouvernements africains doivent faire preuve de volonté politique de financer des systèmes et des infrastructures de justice adaptés aux enfants. Les gouvernements doivent également lutter intentionnellement contre la corruption à tous les niveaux, y compris dans le système judiciaire.
  4. La fourniture d'un soutien psychosocial aux survivants de violations des droits humains parallèlement à l'accès à la justice tout en respectant la confidentialité.
  5. Les systèmes de justice adaptés aux enfants doivent être accessibles à toutes les adolescentes, quels que soient les contextes démographiques et géographiques (par exemple les zones rurales ou urbaines, les établissements informels, les camps de réfugiés, etc.).
  6. Les adolescentes demandent à tous les gouvernements d'adopter une approche féministe afin de démanteler le patriarcat dans les systèmes de justice.
  7. Tous les documents et politiques officiels de l'ONU, de l'UA et des gouvernement doivent être révisés pour y insérer la maltraitance des enfants ou la violation des enfants et PAS le mariage des enfants! Le mariage tel que nous le connaissons dans nos sociétés est un mariage entre adultes consentants et non les enfants!
  8. Les systèmes de justice adaptés aux enfants reposent sur l'accès à des informations dans des langues adaptées aux enfants. Tous les documents de politique et toutes les ressources doivent être KISS (Keep It Short and Simple –Gardez-le court et simple).
  9. Les gouvernements doivent mettre en place des structures et des mesures pour veiller à ce qu’il y ait davantage de femmes représentées dans les systèmes judiciaires de tous les pays africains.
  10. Les gouvernements, les OSC et les autres acteurs du développement doivent tout mettre en œuvre pour que les adolescentes aient véritablement accès aux plates-formes nationales, régionales et mondiales afin d’exercer leur pouvoir, leur liberté d'action et leurs droits.
  11. Les gouvernements doivent veiller à ce que les systèmes et institutions judiciaires appliquent une approche fondée sur les droits humains, inclusive et digne, en particulier dans tous les plans d’intervention et de relèvement du COVID-19, notamment en soutenant les défenseurs des droits des femmes et en formant les forces de l’ordre aux droits humains.
En tant qu'adolescentes féministes africaines, nous affirmons les paroles de l'Ambassadrice de bonne volonté de l'Union Africaine sur la maltraitance des enfants, Nyaradzayi Gumbonzvanda: «Les filles ont des droits qui doivent être protégés et accessibles à toutes. La police et les tribunaux devraient être adaptés et traiter les filles qui ont signalé des cas de violations comme des survivantes et non comme des autrices».

Chers Présidents, en tant qu'adolescentes africaines, nous continuons à dire nos vérités - écoutez-vous et quand AGIREZ-VOUS!
 
Veuillez accepter les assurances de nos plus hautes considérations,
 
Adolescentes africaines.
Leadership politique et gouvernance: les femmes doivent diriger!
 
FEMNET a continué de mener des discussions sur le leadership des femmes et la participation à des postes électifs. Il ne s’agit pas seulement des femmes qui accèdent au leaershp mais aussi des femmes qui occupent des postes clés qui leur permettent de participer aux espaces de prise de décision et d’inclure leurs points de vue, leurs priorités et leurs analyses dans les décisions clés. Les dialogues sur les politiques ont principalement porté sur la manière de garantir que les progrès réalisés jusqu'à présent en matière de leadership féminin sont protégés et multipliés.
 
En août 2020, FEMNET a réuni des femmes leaders politiques et des parlementaires en partenariat avec l'Association des Femmes Parlementaires Kényanes (KEWOPA) et le Forum for African Women Educationalists (FAWE). La convocation était opportune car elle s'alignait sur les dix ans qui ont suivi la promulgation de la Constitution du Kenya (2010); et les femmes leaders réfléchissaient et élaboraient des stratégies sur la participation politique des femmes au Kenya – en notant que plusieurs avancées en matière de représentation et de participation des femmes au leadership ont continuer à être érodées, ignorées et remplacés par des intérêts égoïstes. Cliquez ici pour lire le rapport complet de la réunion et la déclaration qui en a résulté, à savoir «Les femmes doivent diriger! Nous avons besoin d'un leadership féministe au Kenya».

En octobre 2020, FEMNET a rassemblé les membres du Caucus des femmes de l'Assemblée du Comté de Nairobi (MCA) et ont fait cette déclaration: «Les femmes doivent diriger et ne pas saigner, résolution des femmes de MCA de Nairobi». La réunion a permis aux femmes de MCA de réfléchir, d'élaborer des stratégies et de forger une force formidable dans la reconquête de leur espace et de leurs liens dans la solidarité. Il y a quelques mois, la mort imminente au cours des combats dont l'Assemblée a été témoin avait abouti à la division et à la désunion. La réunion était donc opportune pour des conversations franches sur le chemin de la guérison et de la réconciliation.
 
En tant que femmes, nous devons être solidaires les unes des autres pour faire avancer l'agenda en faveur d’une représentation et une participation égales et significatives des femmes dans les espaces politiques et décisionnels», a déclaré Hon. Martha Karua.
Le pouvoir ne concède à rien sans une revendication, les femmes doivent revendiquer solidairement pour l’application de la règle des 2/3 en matière de genre. Faisons pression pour avoir l’amendement de la loi sur les partis politiques, nous n’avons pas besoin de modifier la Constitution». Mme Daisy Amdany, Directrice Exécutive de CRAWN Trust.

Au cours des deux prochaines années, FEMNET, International IDEA et les partenaires du Consortium pour la Participation Politique des Femmes (WPP) souhaitent renforcer la participation politique des femmes en Afrique en vue de promouvoir l’égalité des sexes dans la politique et la gouvernance. Ce partenariat s'engage à contribuer à une augmentation de la voix et de la présence des femmes dans tous les processus et institutions politiques en Afrique aux différents niveaux de leur existence. Grâce au plaidoyer politique, au renforcement des capacités et à la production de recherche et de connaissances, les partenaires du consortium WPP travailleront avec des femmes leaders et des institutions au Botswana, en République Démocratique du Congo, en Eswatini, en Côte d'Ivoire, au Kenya, au Sénégal, en Tanzanie et au Zimbabwe afin d’améliorer la sensibilisation et la demande d'une inclusion significative de toutes les femmes dans leurs diversités.

En Tanzanie, FEMNET a exprimé son mécontentement face à la diminution de l'espace civique et démocratique et à la montée de l'autoritarisme en Tanzanie pendant la période électorale. FEMNET a exhorté la République-Unie de Tanzanie à cesser les menaces continues, le harcèlement, les intimidations et les violations des droits humains perpétrés contre des individus et des organisations qui critiquent le gouvernement. L'indépendance et la validité de la société civile et des médias font partie intégrante de la consolidation d'Etats holistiques et démocratiques. FEMNET a appelé les organismes régionaux, notamment la Communauté de l'Afrique de l'Est et l'Union Africaine, à faire pression et à s'assurer que la Tanzanie respecte ses obligations nationales et internationales, y compris la protection des individus et de leurs droits fondamentaux en matière de libertés d'expression et d'association. Une fois les élections terminées et le gouvernement formé, il reste un combat de faire pression et garantir que les droits et la liberté des peuples soient respectés et surtout ceux des femmes (y compris les aspirantes femmes), des militants et des médias. Cliquez ici pour lire l'article complet: «Une position panafricaine doit être prise contre l'oppression politique en Tanzanie».
Leadership politique et gouvernance: les femmes doivent diriger!
 
FEMNET a continué de mener des discussions sur le leadership des femmes et la participation à des postes électifs. Il ne s’agit pas seulement des femmes qui accèdent au leaershp mais aussi des femmes qui occupent des postes clés qui leur permettent de participer aux espaces de prise de décision et d’inclure leurs points de vue, leurs priorités et leurs analyses dans les décisions clés. Les dialogues sur les politiques ont principalement porté sur la manière de garantir que les progrès réalisés jusqu'à présent en matière de leadership féminin sont protégés et multipliés.
 
En août 2020, FEMNET a réuni des femmes leaders politiques et des parlementaires en partenariat avec l'Association des Femmes Parlementaires Kényanes (KEWOPA) et le Forum for African Women Educationalists (FAWE). La convocation était opportune car elle s'alignait sur les dix ans qui ont suivi la promulgation de la Constitution du Kenya (2010); et les femmes leaders réfléchissaient et élaboraient des stratégies sur la participation politique des femmes au Kenya – en notant que plusieurs avancées en matière de représentation et de participation des femmes au leadership ont continuer à être érodées, ignorées et remplacés par des intérêts égoïstes. Cliquez ici pour lire le rapport complet de la réunion et la déclaration qui en a résulté, à savoir «Les femmes doivent diriger! Nous avons besoin d'un leadership féministe au Kenya».

En octobre 2020, FEMNET a rassemblé les membres du Caucus des femmes de l'Assemblée du Comté de Nairobi (MCA) et ont fait cette déclaration: «Les femmes doivent diriger et ne pas saigner, résolution des femmes de MCA de Nairobi». La réunion a permis aux femmes de MCA de réfléchir, d'élaborer des stratégies et de forger une force formidable dans la reconquête de leur espace et de leurs liens dans la solidarité. Il y a quelques mois, la mort imminente au cours des combats dont l'Assemblée a été témoin avait abouti à la division et à la désunion. La réunion était donc opportune pour des conversations franches sur le chemin de la guérison et de la réconciliation.
 
En tant que femmes, nous devons être solidaires les unes des autres pour faire avancer l'agenda en faveur d’une représentation et une participation égales et significatives des femmes dans les espaces politiques et décisionnels», a déclaré Hon. Martha Karua.
Le pouvoir ne concède à rien sans une revendication, les femmes doivent revendiquer solidairement pour l’application de la règle des 2/3 en matière de genre. Faisons pression pour avoir l’amendement de la loi sur les partis politiques, nous n’avons pas besoin de modifier la Constitution». Mme Daisy Amdany, Directrice Exécutive de CRAWN Trust.

Au cours des deux prochaines années, FEMNET, International IDEA et les partenaires du Consortium pour la Participation Politique des Femmes (WPP) souhaitent renforcer la participation politique des femmes en Afrique en vue de promouvoir l’égalité des sexes dans la politique et la gouvernance. Ce partenariat s'engage à contribuer à une augmentation de la voix et de la présence des femmes dans tous les processus et institutions politiques en Afrique aux différents niveaux de leur existence. Grâce au plaidoyer politique, au renforcement des capacités et à la production de recherche et de connaissances, les partenaires du consortium WPP travailleront avec des femmes leaders et des institutions au Botswana, en République Démocratique du Congo, en Eswatini, en Côte d'Ivoire, au Kenya, au Sénégal, en Tanzanie et au Zimbabwe afin d’améliorer la sensibilisation et la demande d'une inclusion significative de toutes les femmes dans leurs diversités.

En Tanzanie, FEMNET a exprimé son mécontentement face à la diminution de l'espace civique et démocratique et à la montée de l'autoritarisme en Tanzanie pendant la période électorale. FEMNET a exhorté la République-Unie de Tanzanie à cesser les menaces continues, le harcèlement, les intimidations et les violations des droits humains perpétrés contre des individus et des organisations qui critiquent le gouvernement. L'indépendance et la validité de la société civile et des médias font partie intégrante de la consolidation d'Etats holistiques et démocratiques. FEMNET a appelé les organismes régionaux, notamment la Communauté de l'Afrique de l'Est et l'Union Africaine, à faire pression et à s'assurer que la Tanzanie respecte ses obligations nationales et internationales, y compris la protection des individus et de leurs droits fondamentaux en matière de libertés d'expression et d'association. Une fois les élections terminées et le gouvernement formé, il reste un combat de faire pression et garantir que les droits et la liberté des peuples soient respectés et surtout ceux des femmes (y compris les aspirantes femmes), des militants et des médias. Cliquez ici pour lire l'article complet: «Une position panafricaine doit être prise contre l'oppression politique en Tanzanie».
Académie Macroéconomique Féministe Africaine (AFMA): l'audace de perturber la politique commerciale féministe 
En 2020, grâce aux protocoles de COVID-19, FEMNET a organisé pour la première fois une AFMA virtuel hébergée sur le portail e-learning de FEMNET rassemblant une cohorte de 80 militantes et féministes en Afrique et au-delà. Du Mali à la Mauritanie, du Cameroun au Libéria, de l'Afrique du Sud à l'Égypte et même dans la diaspora, la cohorte AFMA de 2020 a apporté ses spécialités et s'est engagée sur le thème de la politique commerciale féministe - déballant spécifiquement la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) et ce que cela signifie pour les femmes africaines. L'accord de la ZLECAf a un fort potentiel de stimuler l'industrialisation et positionner l'Afrique comme une géante régionale du commerce grâce à la création de chaînes de valeur régionales et à l'amélioration de la transformation agro-alimentaire. Toutefois, pour que cela connaisse un succès, le leadership des femmes, une inclusion et une participation significative sont essentiels à sa formation et à sa mise en œuvre. Des systèmes et des structures commerciaux équitables sont fondamentaux pour la justice économique des femmes.


Co-direction de la Coalition d'action pour la justice et les droits économiques

En 2020, alors que le monde passait en revue les 25 ans de la Déclaration et du Programme d'Action de Beijing, ONU Femmes a lancé le Forum d’Égalité des Générations, un rassemblement mondial pour l'égalité des sexes, convoqué par ONU Femmes et co-organisé par les gouvernements du Mexique et de la France. en partenariat avec la société civile et en rassemblant des militants des droits des femmes, des défenseurs de l'égalité sexospécifique et des visionnaires afin de faire pression pour obtenir des ressources adéquates et la pleine mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d'Action de Beijing. Les co-dirigeants des Coalitions d'action pour l’égalité des générations ont été annoncés en juillet 2020. Les Coalitions d'action apporteront des changements concrets et innovateurs pour les femmes et les filles du monde entier au cours des cinq prochaines années. Ils se concentreront sur six thèmes essentiels afin de parvenir à l'égalité des sexes: (1) mettre fin à la violence sexiste, (2) promouvoir la justice et les droits économiques, (3) lutter pour l'autonomie corporelle des femmes et la santé et les droits sexuels et reproductifs, (4) le renforcement de l'action féministe pour la justice climatique, (5) la technologie et l'innovation pour l'égalité des sexes, et (6) les mouvements et le leadership féministes. FEMNET est l'un des principaux leaders de la Coalition d'action sur la justice et les droits économiques.


Podcast Femininja
FEMNET a lancé le Femininja Podcast en septembre 2020 et, à la fin de décembre 2020, nous avions publié 15 épisodes. Le podcast est une série de conversations étonnantes et franches sur divers sujets, notamment le féminisme, le leadership, la féminonomie, des réflexions sur les engagements mondiaux tels que les vingt-cinq ans de la Déclaration et la Plateforme d'Action de Beijing et les effets de la pandémie COVID-19 sur la vie et les moyens de subsistance des femmes et des filles. Cliquez ici pour entendre des femmes incroyables qui racontent leurs histoires, partagent leurs idées et nous expliquent pourquoi nous devrions toutes être féministes.


Empreintes numériques et conversations

L’utilisation innovante par FEMNET des plateformes numériques et des médias sociaux lui a permis de se mobiliser efficacement, d’influencer les politiques, de s’engager, de réseauter, de monitorer et de partager des informations de manière plus fluide avec ses membres et de coordonner les membres autour de moments clés. Tout au long de l'année 2020, FEMNET a initié, rejoint et contribué à des discussions en ligne organisées dans des hashtags: - #Femonomics, #FightInequality, #WomenAtWorkCampaign StopGBVAtWork, RatifyILOc190, #InclusiveLockdown, DignifiedResponse, #JustRecoveryAfrica, #SRHRDialogues, #Beijing25Africa, #CSW63Africa, #GenerationEquality, #GenerationEqualityAfrica etc.

En termes d'abonnés sur nos plateformes de médias sociaux, ce qui suit illustre la croissance régulière du nombre: -
Année Facebook Page Likes Abonnés Twitter Abonnés Instagram
2018 15.375 28.638 1.146
2019 15.926 30.176 1.453
2020 16.600 40.759 2.049
 
Produits de connaissance
Voici quelques-uns des produits du savoir qui ont été réalisés en 2020: - FEMNET a publié des communiqués de presse et des articles d'opinion sur des plateformes médiatiques nationales, régionales et mondiales, notamment: Les courtes vidéos / documentaires produits en 2020 et utilisés pour influencer et documenter les trajets de herstory comprennent: -  
Vision stratégique de FEMNET

En 2020, FEMNET a entrepris la révision de son Plan stratégique décennal pour 2020-2029. L'élaboration de ce plan directeur décennal a été inspirée par un besoin de repositionnement continu dans le contexte opérationnel en évolution afin de permettre une pertinence continue et des réponses efficaces aux priorités et aspirations des femmes et des filles africaines dans toute leur diversité.
La stratégie est le résultat d'un processus de co-création impliquant une analyse rigoureuse, des consultations approfondies et des réflexions authentiques de la part du personnel de FEMNET, des membres du Board, des membres organisationnels et individuels, des pairs, des partenaires et d'autres parties prenantes. FEMNET considère le plan stratégique pour 2020-2029 comme un document cadre général qui définit les paramètres généraux de ses programmes et opérations au cours des dix prochaines années. Le plan sera opérationnalisé au moyen de trois cycles de plans tactiques triennaux fondés sur des examens périodiques.

Le plan stratégique se concentrera sur la réalisation de cinq domaines thématiques, qui sont les suivants: Elimination de la violence à l’égard des femmes et des filles; Promouvoir la santé et les droits sexuels et reproductifs; Leadership féminin transformateur; Justice et droits économiques et enfin justice climatique et gouvernance des ressources naturelles. Avec nos partenaires et nos membres, nous nous efforcerons de nous assurer que nous amplifions, nous renforçons les capacités, nous nous connectons, nous formons des consortiums, nous mobilisons des ressources, nous apprenons et nous partageons des connaissances en matière de ces domaines thématiques.

FEMNET est vraiment reconnaissante du soutien indéfectible de nos membres, nos partenaires et nos amis dans notre cheminement collectif alors que nous envisageons une société où les femmes et les filles africaines prospèrent dans la dignité et le bien-être, à l'abri de l'oppression et des injustices patriarcales et néolibérales.

Nous attendons impatiemment d'accueillir l’année 2021 avec beaucoup d'espoir et de volonté pour amplifier davantage les voix et les intérêts des femmes et des filles africaines dans toute leur diversité.
 
Joyeuses fêtes!

Dans Solidarité & Fraternité,

Memory Kachambwa, directeur exécutif, FEMNET
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