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"On n’est pas très réseaux sociaux, ni internet" préviennent Tim et Thomas. En 2019, c’est ce qu’on appelle être disruptif quand on ouvre une crêperie à Paris ! Au comptoir comme en cuisine, les deux trentenaires veulent se développer en prenant le temps de s’installer pour trouver leurs marques, fidéliser une clientèle de quartier, sourcer les produits (issus du bio et de l’agriculture raisonnée). "L’établissement est en germination" résument-ils. Le mot est bien trouvé.

L’ancien café-domino devenu ambassade de la galette de sarrazin et du calvados normand perpétue une certaine ambiance bellevilloise bon enfant. Les amateurs de crêpes et galettes, de sucré ou de salé, croisent ainsi ceux qui passent juste en coup de vent boire un café au soleil, ou découvrir un vin naturel à midi (un calva hors d’âge en soirée) tout en écoutant Thomas parler de ses dernières découvertes et coups de coeur - comme les cidres de l’esthète Cyril Zangs qui récolte ses pommes à la main.

Au fond de la salle, décorée de plantes, de mobilier vintage et de suspensions chinées à Saint-Ouen, Tim devant ses trois biligs a des allures de DJ prêt à faire tourner ses disques de pâte. Ce matin, il rajoute un peu de cidre à son mélange qui réagit à la météo. "Comme ça, la pâte sera plus alvéolée." On en prend bonne note. "La galette est un plat simple, ses ingrédients doivent donc être irréprochables" dit-il en vantant les mérites de son producteur de sarrazin, ancien ingénieur agronome adepte de méthodes d’un autre temps. Un passionné, lui aussi. "Tous nos producteurs sont en Normandie, il nous suffit de prendre la voiture pour les rencontrer ou en découvrir de nouveaux."

Parlons de choses sérieuses : chez les amateurs de crêpes, il y a l’école des galettes croustillantes. Nous en sommes. Bonne nouvelle, selon les goûts de chacun, Tim pourra les laisser un peu plus cuire pour une texture franchement craquante. Et tant pis pour la susceptibilité normande, mais c’est avec un mot breton qu’il faut commander ses galettes quand on les désire dorées : mes crêpes, je les aime bien "kraz" !

ROND
21 rue du Transvaal, Paris 20e.
Du mardi au samedi en continu de 12h à 2h.
Galettes au blé noir et crêpes sucrées à partir de 3,50 €.

Sur l’Île-Saint-Louis, il n’y a pas que des marchands de glaces et des Airbnb. En passant sous la porte cochère du numéro 51, on tombe au fond d’une cour sur la verrière de la galerie Clémentine de la Féronnière qui expose pour la première fois en France le travail du photographe anglais John Myers. Injustement méconnu chez nous, Myers définit lui-même son travail comme non-spectaculaire. Loin des clichés d’une Angleterre so eccentric, c’est chez ses voisins qu’il a posé sa chambre photographique durant les années 70 avec le soucis d’un ethnologue qui chercherait à répondre à la question de savoir ce qu’est un Anglais modeste dans une ville modeste du centre du pays.

Dans ces images aux gris subtils, on croise des enfants sérieux, des couples tantôt souriants, tantôt concentrés, des joueurs de billard, une baby fan de la pop star mormone Donny Osmon, des travailleurs, des postes de TV, des murs de briques et des living rooms d'époque. À l’inverse d’un Martin Parr toujours alerte pour saisir sur le vif la drôlerie décalée du quotidien, John Myers capte le réel, la vie normale, la vie comme elle s'impose. Cette banalité est d’autant plus palpable et touchante que le photographe la retranscrit sans mise en scène. Myers c’est l’histoire d’un homme discret photographiant des gens discrets dans une Angleterre d’avant Thatcher. Les modèles semblent nous dire : Eh oui, ceci est ma vie et je m’en contente (ou le laisse penser). Comme une illustration de cette phrase de Churchill que les ambitieux n'apprécient pas : “Quand on obtient d’une chose ce qu’on en attendait, on n’en demande pas plus."

JOHN MYERS
À la Galerie Clémentine de la Féronnière. 
51 rue Saint-Louis en l'Île, Paris 4e.

Jusqu'au 6 avril, du mardi au samedi de 11h à 19h, entrée libre.

Ah, si tout pouvait être aussi simple qu’un simple clic d'ordinateur pour se débarrasser de tout ce qui nous pèse. Une fois notre corbeille virtuelle vidée, on passe à autre chose, l'esprit léger, la conscience tranquille. Dans la vraie vie, la tâche est plus complexe, n'est-ce pas ? C’est justement ce qui intéresse la street artiste parisienne Lor-k. Nos rebus, les objets répudiés puis largués sur les trottoirs des grandes villes sont sa matière première.

Il y a quelques années, la jeune femme s’était déjà fait remarquer en transformant les matelas abandonnés en incroyables aliments taille XXL (Pour voir Lor-k en action c'est ici en vidéo). Depuis quelques semaines, la revoilà en train d'arpenter le bitume pour un nouveau projet. Baptisé "Delete the waste", il consiste à faire surgir des pop-up imprimés sur carton à côté des dépôts sauvages peuplant les rues de Paris. Une habile manière de rendre bien visibles ces amas d’on-ne-sait-trop-quoi que les piétons contournent instinctivement, sans y prêter attention. L'effet vrai/faux est bluffant.
La semaine prochaine, cette newsletter sera en vacances.
On se revoit le 4 mars !

Gif : Markus Magnusson.
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