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Certains peuvent se vanter d’avoir été chouchouté(e)s par une gouvernante hors du commun. Qu’on pense un peu aux protégés de Mary Poppins, de Madame Doubtfire, ou d’une nounou d’enfer. La classe. Et puis, dans la vraie vie, il y a les petits Gensburg élevés par Vivian Maier. Vivian qui ? La plus fascinante photographe de rue de tous les temps découverte par hasard en 2007 par un agent immobilier, John Maloof, à l’occasion de la vente aux enchères du contenu d’un anonyme box de stockage de la banlieue de Chicago pour cause d’impayés. Une infime partie de son travail est à découvrir en ce moment à la galerie Les Douches qui expose des clichés en couleur de la photographe. Une goutte d’eau en comparaison du volume des images qu’elle réalisa des années 50 à l’aube de l’an 2000. Vivian Maier, c’est 150 000 photos, essentiellement en noir et blanc. Peut-être plus. Et avant 2007, personne n’avait rien vu d’elle !
Que sait-on de cette nourrice ? Beaucoup de réponses se trouvent dans le passionnant documentaire Finding Vivian Maier réalisé par John Maloof qui a découvert son oeuvre comme fut ouverte la tombe de Toutânkhamon, pleine à ras bord. Quel trésor ! D’origine française par sa mère, née en 1926 dans le Bronx, elle commence en 1952 à photographier avec un Rolleiflex la rue new-yorkaise puis les gens de Chicago à partir de 1956 quand elle entre au service de la famille Gensburg. Autodidacte, elle possède un sens aigu de la composition, du noir et blanc, une sensibilité pour les scènes décalées, pour l’anecdote et la drôlerie, un amour pour le réel et les gens, ne dédaignant pas réaliser de temps en temps des autoportrais inspirés. 
Son travail constitue aujourd’hui un témoignage précieux de la vie des Américains de la seconde moitié du XXème. Ce qui frappe, aussi, c’est son culot de chasseuse quand elle déclenche son appareil tout à côté de sa proie. Qui se méfierait de cette femme discrète accompagnée des enfants dont elle a la charge et qu’elle traîne aux quatre coins de la ville pour assouvir sa passion ? Une vraie couverture d’espionne. Archivant dans des cartons toutes ses photos, développant elle-même ses négatifs dans sa salle de bains ou, sur la fin de sa vie, les stockant tels quels faute de ressources financières pour les faire développer, Vivian Maier décède en 2009 sans savoir que son oeuvre secrète avait été vendue aux enchères, ignorant donc qu’elle était en train de devenir un mythe.

VIVIAN MAIER, THE COLOR WORK
À la galerie Les Douches.

5 rue Legouvé, Paris 10e.
Jusqu'au 30 mars, du mercredi au samedi de 14h à 19h. Entrée libre.
Ce samedi rue Oberkampf, dans la nouvelle boulangerie des French Bastards souffle un vent de Cash Investigation. To Bio or not to bio ? Cheveux mi-longs mi-mous, bien campée dans ses baskets, une cliente insiste sur la nature des farines. Le corps raide, la voix haute, le sourire en coin et l'oeil un peu trop brillant, on a tous bien compris que la quadra ne serait pas contre un petit bras de fer viril et technique avec le vendeur tatoué malgré la file d’attente. Diplomate-boxeur, le garçon esquive les coups en expliquant (en gros) à la Elise Lucet du bio que si les farines ne le sont pas, leur qualité et leur traçabilité devraient terrasser son anxiété alimentaire. Culture raisonnée et contrôlée, farines labellisées. "Et avec ceci, madame ?"
De notre côté, on s’est laissé tenter, entre autres, par un délicieux demi pain cranberries et noix de pécan ainsi qu'un cronut (mariage heureux du croissant et du donut) au coeur palpitant de caramel (existe aussi en version citron richement meringuée). Avec le temps humide de ce début janvier, la baguette a, sans surprise, passé une mauvaise nuit mais on n’est pas venus ici pour le concours 2019 de baguettophilie. Et pour nos lecteurs anglo-saxons francophiles, le terme de bastard peut poser quelques légitimes difficultés de traduction. Note de la rédaction : à "salauds de Français", préférez "bâtard" soit le petit nom ancien d’un pain de 450 grammes. Ils ont le sens de l’humour et le goût du risque ces jeunes boulangers.

THE FRENCH BASTARDS
61 rue Oberkampf, Paris 11e.
Lundi, mardi, mercredi et vendredi de 7h30 à 20h30. Samedi et dimanche de 8h30 à 20h. Fermé le jeudi.
"Le paradis, à n’en pas douter, n’est qu’une immense bibliothèque" écrivait le philosophe français Gaston Bachelard. Si vous êtes d’accord avec lui alors en voici une à inscrire les yeux fermés sur votre liste des bibliothèques à voir à Paris : la salle Labrouste riche de ses 150 000 ouvrages. Rénovée en 2017, la bibliothèque et ses réserves, d’ordinaire chasse gardée des étudiants, chercheurs et enseignants en histoire de l’art et archéologie, se visite, et ça on le sait moins, tous les samedis à 17h30. Pas de file d’attente interminable, ça se passe sur inscription par mail à visites@bnf.fr ou au 01 53 79 49 49.

Le lieu de rendez-vous des visites se situe au 58, rue de Richelieu, Paris 2e (vestibule Labrouste). Tarif : 3 €. Durée : 1h30.
Hobby : révélateur de fantômes. Sur les murs de Paris, Julien alias en.2o fait surgir des figures du passé. À la craie, en estompé, à main levée. On a ainsi vu Jean Seberg sur les quais de Seine, une belle des années folles sous les voûtes de la place des Vosges, peut-être une tragédienne oubliée à deux pas de la Comédie-Française et puis une anonyme de dos sur la façade de la maison rose la plus célèbre de Montmartre. Éphémère et sublime. 
À la semaine prochaine !
Gif : Thoka Maher.
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