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En France en 2009, 3% des français.es affirmaient avoir été victime d’inceste.
En 2015, 6% des
français.es affirmaient avoir été victime d’inceste.
En 2020, 10% des
français.es affirmaient avoir été victime d’inceste*.

La partie émergée de l’iceberg, comme on dit, remonte lentement à la surface. Concrètement, de l’ampleur de l’inceste, nous n’avons rien d’autre que des chiffres inexacts et des prises de paroles aussi rares que courageuses. Nous baignons dans l’incertitude comme dans la merde qui nous entoure et dont rien ne nous sépare, pour reprendre l’expression de Virginie Despentes.

L’inceste, la pédocriminalité et le viol ne sont pas nouveaux et nous n’en parlerons ici pas mieux que celles et ceux qui ont eu le courage de nommer leurs bourreaux publiquement, ni que les associations et structures qui travaillent dur sur ce sujet. Lorsque le #MeTooInceste a débuté il y a quelques semaines, comme pour #MeToo il y a quelques années et plus récemment #MeTooGay, la nouveauté n’était pas les pratiques, c’était la parole. 

Condamner et détourner une parole si difficile à prendre revient à s’acharner dans la domination. C’est vouloir laisser planer le doute, encore et encore. Quand une tribune signée par 67 intellectuel.les, dont Simone de Beauvoir et Gabriel Matzneff défendait la pédocriminalité, encore une fois, c’étaient les détenteur.ices de la morale légitime qui confisquaient la parole. Quand, dans une société, les plus prétendument progressistes intellectuel.lle.s, la Justice, la littérature laissent planer le doute, l’indiscernable et l’indicible, en ne fixant jamais clairement les limites de l’impardonnable, comment fixer des limites ?


"Il est là, le rouage indéboulonnable du silence : semer le doute pour confisquer les récits de la réalité, et cultiver l’indiscernable."


 

Les premiers bourreaux sont là, lovés dans un coin de canapé aux fêtes de famille et cousinades, portant les mêmes traits que nos propres visages, partageant le même sang. Exactement comme toutes les remarques racistes, sexistes, ça passe parce que « c’est privé, c’est entre nous ». C’est précisément pour cela que l’intime est politique. L’inceste non reconnu, c’est prendre perpète pour un crime dont on est victime**. L’inceste reconnu, aux yeux de la justice, n’existe pas. En France il n’est ni un crime ni un délit, mais une circonstance aggravante en cas de pédocriminalité ou de viol. Nous baignons tellement dans l’inceste que même ce mot n’arrivait dans le Code Pénal qu’en 2018. Comment reprocher de choisir le tribunal médiatique à la Justice française ?

Ce flou murmuré jusque dans les textes de loi porte d’autres noms. On l’appelle omerta ou secret de polichinelle : tout le monde sait mais tout le monde tait. L’inceste est le premier germe de la culture du viol et beaucoup de personnes qui consacrent leur travail à cette question le disent : il est le berceau de toutes les dominations. Le biberon qui a sevré nombre d’entre nous, la première étape du grand parcours des hypocrites de notre monde. La terreur en privé, le silence en public : la même hypocrisie est imprégnée dans nos familles jusqu’aux institutions publiques ou religieuses. D'ici on ne peut rarement parler avec certitude, car la véracité d'un propos est un label déposé par les seul.e.s détenteur.ices de l’expérience légitime.
 

Alors on entendra souvent en grandissant des « envoie moi un message quand tu es rentrée », « ne parle pas aux inconnu.e.s », « ne rentre pas seul.e ». On encouragera à craindre l’extérieur, jamais l’intérieur. On entendra bien plus rarement des encouragements à dire ce que beaucoup savent déjà. On préfère les corps silencieux d’enfant.e.s aux corps déliés et libres de se réapproprier leur vécu, sans honte. Le secret de polichinelle, c’est précisément cela : être entouré de merde et prétendre ne pas baigner dedans.

La parole est sans cesse remise en question, nuancée. C’est une haute trahison, un mensonge, une pudibonderie, ou un consentement. Il est là, le rouage indéboulonnable du silence : semer le doute pour confisquer les récits de la réalité, cultiver l’indiscernable. Il est là et il commence ici : dans les gestes tendres qui masquent mal les pulsions sexuelles, des portes qui ne se ferment pas à clé, les baisers forcés, dans les fessées pour rire et les allusions sexuelles sur des corps qui grandissent et se transforment. Il nait dans le non-respect du droit à l’intimité et l’intégrité de nos corps, et ce dès le moment où nous naissons. Il vit dans le flou entre confiance des siens et sidération, entre chien et loup.

* Enquête Ipsos pour l'association Face à l'inceste, novembre 2020.
**"À quand la reconnaissance pleine et entière des victimes d'inceste ?", Le Huff Post, 2016, consulté le 4/02/2021. 

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