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« COMMENT S'AIMER AUJOURD'HUI,
COMMENT S'AIMER DEMAIN ? »

Ce 21 novembre, le festival suisse Les Créatives organise un échange entre l’écrivaine Maggie Nelson et la journaliste Pauline Verduzier, également autrice de Vilaines filles : les travailleuses du sexes, les clientes et la journaliste. La discussion se tiendra en visioconférence à 20h et sera diffusée en accès libre sur internet. Toutes les deux questionneront le fait « d’aimer », sur ce que cela engage et signifie aujourd'hui. À cette occasion, nous voulions aborder avec vous le parcours de l’autrice, et la manière dont elle et d’autres figures littéraires ont révolutionné nos définitions de l’amour.

« En surface, on aurait pu dire que ton corps devenait plus "masculin", le mien plus "féminin". Mais nous ne nous sentions pas comme ça. A l'intérieur, nous étions deux animaux ­humains en cours de transformation l'un auprès de l'autre, témoins sans pression du changement de l'autre. »

 

Ces mots ont été écrits par Maggie Nelson dans Les Argonautes. Le livre est publié en 2013 aux États-Unis et vendu à plus de 50 000 exemplaires. Il profite d’une traduction publiée en France en 2018. L’autrice, dans un récit qui ne s’ancre ni dans la poésie, ni dans le roman, ni dans l’essai politique, y raconte sa relation avec l’homme qui partage sa vie, Harry. Pourquoi vous parler d’elle? Et de cet ouvrage en particulier ? 

Parce qu’à l’heure où la domination induite par les relations hétérosexuelles est remise en question, où les identités queers profitent de plus de visibilité, et où des formes amoureuses jusqu’alors impensées gagnent en légitimité, Maggie Nelson apparaît comme une figure ré-inventrice de l’amour, héritière des réflexions accompagnant une critique et redéfinition contemporaine de la « normalité » du couple. 

La citation ci-dessus fait référence à un moment charnière de la vie amoureuse de l’autrice. Elle est alors belle-mère et enceinte de son premier enfant, tandis que son mari commence ses prises de testostérone et une masectomie, dans le cadre de sa transition non-binaire. Dans un monologue auto-biographique (une « auto-théorie » selon ses mots), qu’elle rédige en grande partie comme une adresse directe à son compagnon, l’autrice nous immerge crûment dans l’intimité de sa relation queer, de son expérience de la maternité, de son amour, de sa sexualité. Au-delà de toute frontière binaire qui chercherait à définir le genre, le couple et la société, elle sort l’amour des schémas patriarcaux dans un texte où les « corps changeants » qui le composent inscrivent dans l’esprit des lecteurices la possibilité d’une autre famille, d’un cocon imaginé et crée loin du modèle traditionnel façonné par des injonctions rétrogrades. Maggie Nelson, en finalité, part de son expérience personnelle pour révolutionner et interroger notre vision d’un amour prétendument universel, quand il n’est que sculpté à l’image de nos sociétés patriarcales.

 

Mais la révolution de l’amour est une thématique déjà largement abordée, sur laquelle nombre d’auteurices ont déjà écrit des récits fictionnels, des essais politiques, des enquêtes. Comme évoqué précédemment, Maggie Nelson est héritière d’une question aussi pensée par des femmes écrivaines du 20ème et début du 21ème siècle. En 2000, bell hooks, autrice afroaméricaine lesbienne et féministe, écrivait All About Love, une critique de l’amour moderne et du système oppressif qu’il constitue. Aucune traduction française de l’ouvrage n’a été publiée à ce jour. Ce qui n’est pas le cas de son texte La Volonté de changer - Les hommes, la masculinité et l’amour, traduit cette année aux éditions Divergences. bell hooks revient sur la confusion entre violence et amour dans les relations hétérosexuelles, conséquence des injonctions à la virilité, au travail ou à la performance sexuelle.  

Une réflexion qui fût aussi européenne : La pensée straight de l’écrivaine Monique Wittig, livre sorti en 1992, tient également rôle d’une révolution dans la manière de penser l'hétérosexualité. Identifier ce modèle relationnel comme un système politique a impacté de manière directe l'essor du discours féministe occidental, et les ouvrages qui tendent aujourd’hui à analyser les différents pans hiérarchiques des relations hétérosexuelles. 

C’est notamment le cas de
Sortir de l’hétérosexualité, écrit par Juliet Drouar dans La Collection sur la table. Dans une interview accordée au dernier numéro de Censored, iel revient sur les idées portées par son livre, qu’iel résume ainsi : « Pas d’hommes, pas de femmes : pas d’hétérosexualité. Pas de sexisme ». Pour l’auteurice, l’inégalité de genre réside au sein même des termes homme et femme : ils en sont les réels fondements. En ce sens, Juliet Drouar esquisse dans son ouvrage un portrait de l’hétérosexualité comme une invention du système occidental et colonialiste. Pour illustrer son propos, il se réfère notamment au travail d’Oyèrónke Oyĕwùmí, qui aborde le cas de la société Yoruba pour laquelle la notion de genre est apparue après avoir vécu la colonisation. Sortir du schéma hétérosexuel implique donc obligatoirement de « rompre son contrat de genre », une idée déjà pensée par Wittig avec cette phrase qu’on lui connaît bien : « les lesbiennes ne sont pas des femmes ». En définitive, le travail de Juliet Drouar invite ses lecteurices, notamment celleux étant hétérosexuel.les, à dépasser les concepts d’homme et de femme, à penser au-delà pour mieux parvenir à leur abolition. Celle-ci étant la seule option véritablement valable pour sortir de l’hétérosexualité de manière définitive. 

Nous pourrons écrire pendant des heures sur ces livres qui pensent l'amour aujourd’hui. Qui le critiquent et l’interrogent. Qui représentent tous un semblant de révolution dans notre déconstruction de l’hétéronormativité. Mais toute bonne chose à une fin. Nous finirons donc cette newsletter sur un dernier ouvrage contemporain, profondément impactant : le livre de Lucile Quillet,
Le prix à payer. Ce que le couple hétéro coûte aux femmes, publié en 2021 aux éditions Les liens qui libèrent. L’autrice et journaliste y aborde le schéma du couple hétérosexuel et toutes les étapes dont il est constitué, sous un prisme économique. L’argent sert ici de vecteur pour exprimer une réalité : la violence induite par le couple hétérosexuel. Il est avant tout présenté comme un indicateur, un indice supplémentaire au fait que la refonte du système tout entier est nécessaire. Lucille Quillet identifie les différentes sphères financières des femmes induites par le schéma hétéronormatif. Là où leur argent existe, là où il n’existe pas, au profit d’une charge mentale et physique ne profitant d’aucune rémunération, comme le travail domestique. Les dépenses effectuées dans le but de correspondre aux exigences hétéronormées, la baisse du niveau de vie après un divorce, la gestion de l’argent commun : au moyen d’une enquête sourcée en articles scientifiques, Lucile Quillet livre un récit chiffré, précis et accessible sur l’argent dans l’amour. En résumé, un récit qui traduit les enjeux posés par une intimité financière profondément politique. 

Ces ouvrages ont un point commun : tous démontrent, par des prismes différents, que l'hétérosexualité en tant que fiction politique implique de la violence. Que l’hétérosexualité est violence. Une question persiste donc, pour réinventer l’amour : est-ce le patriarcat qui sabote les relations hétérosexuelles, ou ces relations hétérosexuelles telles que nous les connaissons ne seraient-elles pas, finalement, le patriarcat en lui-même ?

Vous pouvez retrouver toute la programmation du festival Les Créatives sur le site de l'événement
PRIX UTOPI.E

Censored se réjouit de la création du premier prix LGBTQIA+ dans l'art : le Prix Utopi.e ! Le projet, que vous pouvez retrouver sur sa page Instagram, vise à encourager et soutenir un corpus artistique LGBTQIA+ dont la démarche offre un nouveau point de vue sur le marché de l’art. La soirée de présentation et de lancement du projet aura lieu au Rosa Bonheur des Buttes Chaumont mercredi 1er décembre à partir de 19h, avec un DJ set de Barbara Butch.

OUT D'OR 2021
Les votes pour les Out d'or 2021 sont ouverts ! La cérémonie a pour but de célébrer la visibilité LGBTI, et aura lieu le 9 décembre prochain, et sera diffusée en direct sur les réseaux de l'Association des Journalistes LGBTI (AJL). D'ici là, c'est à vous d'élire la personnalité LGBTI de l'année : vous pouvez soumettre votre vote sur ce formulaire.
À DÉFINIR DANS UN FUTUR PROCHE
Organisée à La Boule Noire, la soirée à définir dans un futur proche invite Wendy Delorme, November Ultra ou encore Uele Lamore à s'exprimer sur la question suivante : « comment se définir aujourd'hui ? ». L'événement aura lieu le 8 décembre 2021 à 19h30, toutes les informations sont à retrouver sur le compte Instagram de La Boule Noir !
EXPOSITION DE MÉLINA GHORAFI
Du 11 novembre au 4 décembre, Mélina Ghorafi expose son travail dans la galerie belge B.R.A.V.E. Autour de son projet Musogynie, elle regroupe en un même endroit des chansons, bibelots, peintures, indicatrices de la mysognie présente dans la culture populaire. Vous pouvez retrouver le travail de l'artiste sur sa page Instagram.
Fana Hues - Pieces
Madonna - Frozen
Yoa - Je t'embrasse
Gwen Stefani - Luxurious
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