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IEL S'EXCLAME D'AMOUR ET DE TRISTESSE

La semaine dernière, Le Petit Robert version web annonçait l’intégration du pronom « iel ». Nombreuses furent les réactions dans les médias et ailleurs, raison pour laquelle Charles Bimbenet, directeur général des éditions Le Robert répondait dans le blog Dis-moi Robert. "La mission du Robert est d’observer l’évolution d’une langue française en mouvement, diverse, et d’en rendre compte. Définir les mots qui disent le monde, c'est aider à mieux le comprendre."

En début d’année 2021, alors que nous réfléchissions à une manière de transformer le magazine Censored d’une façon plus fidèle à nous-mêmes, nous avons pensé qu’en tant que média féministe, parler des initiatives engagés et créatives c’était bien, les intégrer pleinement était d'autant plus intéressant. Loin de nous le traitement du verbe en surface, nous avions besoin de profondeur, dictées par cette célèbre réflexion selon laquelle : « pointer du doigt ce qui ne va pas c’est bien, mais agir c’est encore mieux ». Un peu comme a décidé de le faire le Petit Robert, finalement. On a décidé de balayer l’excès de binarité devant notre porte (ou plutôt dans notre magazine) autant que nous le pouvions. Ni une ni deux, sur ces réflexions on s’empressait avec plein d’excitation de contacter Clara Sambot, graphiste basée à Bruxelles et membre de lae collectifve Bye Bye Binary. Clara nous a préparé des ligatures pour dessiner des glyphes et éviter de mettre des points médians et fondre l’écriture inclusive plus profondément dans les textes. Cela a apporté de la légereté, et on n’est pas peu fières de dire, même s’il existe de nombreux fanzines et quelques livres qui l’ont adopté, que nous sommes le premier magazine à instaurer ceci. Cela a apporté de l’esthétique, de l’utilité mêlée à une certaine forme de poésie, comme les étoiles inspirées des travaux de Sam Bourcier, par exemple ( et dont vous pourrez retrouver l'explication dans ce génial guide crée par le ClubMed, groupe des Beaux-Arts de Lyon).

Extrait de Censored magazine - n°05 - Transmission

Ça a donné des choses drôles au moment d'envoyer le numéro à l'impression :

Et en parlant d’imprimerie. Saviez-vous qu'avant, les imprimeurs s'occupaient de re-ponctuer les textes des auteur.ices ? George Sand fut l'une des autrices révoltées par cette pratique, ce qu'elle fera savoir dans plusieurs lettres : 

"Il y a une foule de bons traités de la ponctuation. Il faut les avoir lus, il faut s’en aider au besoin, il ne faut pas s’y soumettre avec servilité. La ponctuation, c’est l’intonation de la parole, traduite par des signes de la plus haute importance."

Lettre de George Sand à Charles-Edmond, 1871

Pendant la Renaissance, l’imprimerie créée par Gutemberg impose la mise en place de normes, réduisant progressivement à néant la diversité de nos questionnements, de nos peines, de nos doutes, et de nos joies. Il y aurait un point d’exclamation (!), un point d’interrogation (?), des points de suspension - par ailleurs utilisés à outrance par nos ainé.es dans des textos laissant dubitatifves : 

Quelques mois après le lancement, une personne sur Instagram nous envoie de la documentation sur la ponctuation poétique, suggérant que cela pourrait être une idée dans la continuité de l’intégration des glyphes. Loin d’être une histoire de fantaisie, la ponctuation poétique était autrefois, notamment au Moyen Âge, utilisée pour exprimer une palette de ponctuation bien plus vaste, et donc bien plus fidèle à nos émotions : ne nous exclamons-nous que d’une seule manière ? Nous interrogeons-nous avec les mêmes attentes lorsque nous cherchons à connaître l'heure d'un rendez-vous professionnel et quand nous demandons à quelqu’un.e s’iel nous aime ?

« Car depuis que Gutenberg a inventé l’imprimerie, la ponctuation, laissée à la libre appréciation des moines copistes tout au long du Moyen Âge, s’est soudainement normée. Il n’est plus question de ponctuer à l’envi, mais bel et bien de suivre des règles. (…) En somme, les éditeurs privilégient la syntaxe, quitte à alourdir la phrase avec de nombreuses virgules, au détriment d’une ponctuation qui, jusqu’alors, continuait de s’inspirer de l’oralité. » 

Une histoire de la ponctuation - France Culture

Pronoms binaires et intonations normées - points d'amour, de tristesse, d'ironie ou d'exclarrogation, souvenirs des i en forme de coeur qui ornaient nos agendas et journaux intimes : intégrer de la ponctuation poétique ne serait-il qu'un détail fantasque ? 
 
Cette idée de sujet sur la ponctuation poétique nous a été soufflé par une lectrice. Si tu te reconnais, écris-nous !
LISA-KAINDÉ ET NAOMI DU GROUPE IBEYI NOUS ONT PARLÉ DE LEUR NOUVEAU CLIP ET DE TRANSMISSION

Heureuses de revenir grandies 4 ans après la sortie de leur dernier album Ash, Ibeyi sort un nouveau morceau, Made Of Gold avec Pa Salieu, accompagné d’un clip inspiré d’un tableau de Frida Kahlo. Pour l’occasion, Censored leur a demandé ce qu’évoquait la transmission pour les deux soeurs, Lisa-Kaindé et Naomi. Elles nous ont aussi partagé quelques inspirations musicales.

Lisa-Kaindé : La transmission est vraiment le thème de Made of Gold. Cette chanson est née de notre conscience de sentir la magie de nos ancêtres dans nos propres cellules. Que c’était quelque chose auquel tout le monde pouvait se reconnecter. C’était une manière de nous protéger de cette aventure de faire un nouvel album. C’était comme nous rendre compte que nous n’étions pas seules, que nous étions protégées, que nous étions pleines de connexions et de magie.

Naomi : La transmission existe pour tout le monde. Que ce soit les secrets, que ça soit dans le ventre de sa mère, il y a toujours des choses qui passent. Ça fait partie de la vie. Ça fait partie de notre identité, de notre culture française, afro-cubaine. Je pense que notre identité musicale existe justement grâce à la transmission. 

Les paroles contiennent un passage du verset 31 du Livre des morts des Anciens Egyptiens :

O You with a spine who would work your mouth against this magic of mine.

The sky encloses the stars.

(I enclose magic)

Trad :  
Oh toi à la colonne qui fait travaille ta bouche contre ma magie 
Le ciel enferme les étoiles 
(j'enferme la magie) 
Cette semaine, Ibeyi nous partage leurs inspirations musicales :
 

JOHNNY MITCHELL - Album Blue 

SAYA GRAY - SHALLOW / ZUCCHINI DREAMS

CASISDEAD

ANAIIS - CHUU 

OUTKAST - LIBERATION

KENDRICK LAMAR - H.O.C 

SARAH MALDOROR AU PALAIS DE TOKYO

Sarah Maldoror : cinéma tricontinental est la première exposition rétrospective consacrée à l’œuvre de Sarah Maldoror (1929-2020). Elle est l’occasion de faire découvrir l’œuvre cinématographique, mais aussi théâtrale, poétique et politique, d’une cinéaste à la production foisonnante, alternant fiction et documentaire, au service d’un cinéma révolutionnaire et décolonial, résolument anti-raciste et irrévérencieux.
LES DINOSAURES RÊVENT-ELLES DE HOLLYWOOD ? 

« Ramenés à la vie à grand renfort d’effets spéciaux, les dinosaures féroces et sanguinaires des films d’Hollywood nous tendent une image à peine déformée de notre espèce. » La représentation cinématographique des dinosaures trouve ses modèles dans les livres pour garçons du XIXe siècle dont elle reprend sans complexe les stéréotypes sexistes et racistes. D’un blockbuster à l’autre, de la série des Jurassic à tous les remakes de Godzilla, l’industrie du cinéma martèle une leçon implacable sous le prétexte du divertissement. Des millions d’années de pure nature sont ici convoqués pour servir une vision essentialiste qui célèbre la force brute. Ïan Larue publie « Les dinosaures rêvent-elles d’Hollywood ? Ou comment l'industrie du cinéma vulgarise la culture du viol » pour questionner la culture du viol vulgarisée dans l’industrie du cinéma, du point de vue de la science fiction féministe.
GIRLS DON'T CRY FESTIVAL

Ce week-end a lieu à Toulouse la toute première édition du festival Girls Don't Cry. Au programme, 3 jours de concerts, performances et DJ sets, ateliers, expositions et rencontres ! Toutes les informations à retrouver ici.
ÉCHANGE ENTRE CHRISTIANE TAUBIRA ET BIBIA PAVARD

À l'occasion de la sortie de leur nouveau numéro S'aimer, La Déferlante organise le 2 décembre une discussion entre Christiane Taubira et l'historienne Bibia Pavard. Alors que les discours de haine envahissent l’espace médiatique, l’amour peut-il nous sauver ? Comment s’aimer dans une perspective féministe ? L'événement est complet mais l'échange pourra être suivi en ligne en s'inscrivant juste ici. Pour commander La Déferlante, c'est par là !
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