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C'est aujourd'hui dimanche

Hier soir, à 16h30, j'aurais dû être en train de baptiser Margot, mais confinement oblige, la célébration a été reportée, alors quand mon téléphone a vibré d'un long sms, j'ai pu partir aussitôt dans un des EHPAD de la paroisse : une famille, une équipe avaient entendu le besoin, dans la fragilité des derniers souffles, du sacrement de l'extrême tendresse de Dieu pour un malade dont la vie se fragilise.
Je n'ai pas osé reprendre ma température en ressortant, le 36,5° du thermomètre pistolet à l'entrée aurait sûrement grimpé. De par l'émotion d'un tel moment, de par la main tenue, le geste au plus près... de ces gestes que l'on ne pose plus depuis des mois qu'exceptionnellement.
questions de vie, sans doute.

Que la vie de l'Eglise, entravée dans le mode par lequel nous la goûtons le plus habituellement, soit donnée justement à ceux qui en ont le plus besoin, et qui bien souvent ne peuvent pas assez la recevoir, ça me parle pas mal. je retournerai même célébrer la messe là bas, cette semaine.

Comment vivre de l'Evangile pour mon frère ?

C'est au coeur de cette question, loin des brouhaha de l'actualité ou de mes propres manques, ou peurs, que j'ai enfin trouvé une réponse à mes questions sur l'Evangile de ce week end... Avec l'Evangile des talents pointent systématiquement en moi deux petites tentations, celle d'une jalousie contre celui qui aurait cinq talents, et une autre tentation de culpabilité de ne pas avoir bien utilisé le talent donné par le maitre.

Mais tout cela vient du petit quiproquo, pourtant utile, posé par le mot talent. On l'entend, en français, comme une qualité, un don, une capacité, or c'était avant tout une unité de mesure de la richesse, l'équivalent de milliers de deniers, c'est donc un poids, une charge, de grande densité, qui m'est confiée... Et cette charge, ce talent confié, on peut aussi envisager que c'est : notre frère, notre prochain.

Mon frère m'est confié non pas pour que je l'enferme, le protège, ou l'enterre à l'abri, ni même pour que je l'éloigne dans un coffre, une banque où il ferait quelques intérêts mais bien pour qu'il porte du fruit, et c'est la joie de Dieu de nous voir porter du fruit.  Il s'agit alors de permettre à ce prochain dont je prends soin de porter du fruit à son tour, de voir sa vie fructifier... et on entre dans la joie du maître qui l'espère pour chacun.

C'est sans doute LUI, le talent que Dieu m'a confié, et si on se permet cette audace de lecture, on comprend alors qu'il faille le retirer à celui qui ne l'aurait enfermé que pour lui, par peur. L'Evangile est audace, mais pas de force pour soi, mais de charité pour l'autre... et ce que Dieu nous a permis de faire en peu de choses, il nous confiera de plus grandes, dans le même esprit... le sien.

Une fois encore, c'est la tentation égocentrique qui nous empêche de lire correctement la Parole quand Dieu nous ouvre à son projet et nous associe en nous donnant ces talents... Qui est ce talent ? votre enfant ? telle personne avec un lien particulier ? votre conjoint ? vos élèves ? votre collègue ? ou tant d'autres figures...

Donne-moi, Seigneur de ne pas oublier, avant tout, mon frère, celui que tu m'as confié comme un don, un poids parfois, un talent sans doute.

La foi comme la vie

la prière

Dimanche dernier, j'ai triché. J'ai sonné les cloches à la fin de la messe, seulement, pour redire à tous la force de la prière, et pour ne pas avoir à refermer une porte à un distrait qui aurait cru que nos rassemblements étaient de nouveau autorisés... cela n'empêche pas ce lien fondamental avec le Christ, unique sacrement, qui se donne à nous de tant de manières, dans la Parole, le frère que l'on écoute, ou vers qui on porte l'attention.

les attentions de voisinage ou d'amitié

Si le Christ est à rencontrer quelque part (d'autant plus que les lectures de ce jour ne sont pas *si* abordables que cela) c'est bien dans celui dont je peux pressentir que quelques mots, de rien, ouvriront suffisamment de présence pour que nos journées prennent ce goût, que l'on soit au travail ou à la maison.
et puisqu'il est question de veiller aussi sur notre économie de proximité, on peut peut être imaginer les cadeaux que l'on donnera aux enfants, et qu'on achètera un peu plus tard, au plus près.
Journals and Supplies

quelques lectures

de mon côté, je n'ai pas vraiment encore bien avancé, mais bon, le pape nous a donné une belle (et longue) encyclique, il serait audacieux de dire que l'on n'a pas eu le temps de la lire. Allez hop, semaine Fratelli Tutti (on me signale qu'une paroisse a lancé un petit cycle de conférences de lecture de l'encyclique, je vous en reparle sous peu)

Et ce dimanche

ce n'est pas facile de regarder la messe à la télé, ou de méditer seul, mais nous ne cherchons pas à remplacer la messe par un pis aller qui de toute façon ne nous nourrira pas de la même manière, nous voulons habiter nos dimanches de sa présence, en lien avec cette relation que nous avons à coeur de redéployer dès que cela sera raisonnable. Et si ça ne "marche" pas très bien, ce n'est pas très grave... qui peut dire, d'habitude, que sa prière "marche" bien ;)

A très vite

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