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Paroisse Notre Dame de la Baie
Carolles Jullouville Saint-Aubin-des-Préaux Saint-Pair-sur-mer Saint-Planchers

Au souffle de l'Esprit

L'objet de cette lettre, depuis le début, a toujours été de nous garder reliés, comme la communauté chrétienne, la communion en Christ que nous n'avons cessé de vivre depuis ces nombreuses semaines. Aujourd'hui, petite variation sur le thème, écrite fin octobre 2008 (et photo d'archive qui n'a rien à voir avec le sujet)
Toi le mauvais élève,
qui pestes ou t’enfuis des devoirs confinés,
sur qui on sait crier, et qui récrimines,
toi qui à l’école détaches ton attention plus souvent que tu n’ouvres ton sac,
toi qui te protèges derrière les rangs des consciences assidues,
toi qui t’appliques à fermer tes oreilles au flot continu des connaissances qui ne te concernent pas,
toi qui laisses vaquer ton imagination à défaut de ta plume, au gré des ruisselets des ondées sur les carreaux, tes amis,

Dans les églises, tu trouveras un ami, un frère, dans le paroissien de l’ombre
qui se cache toujours derrière le huitième pilier,
dit "merci", distrait, à la communion,
décline toute proposition de lecture,
s’amuse des enfants qui sont assez bien dans l’église pour y rire,
sourit quand le prêtre s’emberlificote, ou ose un propos décalé,
marmonne à peu presque le credo, ne sait pas quoi faire de ses mains
et regarde l’autel de loin, derrière les rangs des gens qu’il considère comme « bien ».

Je t’ai rejoint, ce jour-là, lors d’une ordination,
j’étais assis derrière, je ne voyais pas bien,
j’avais oublié mon étole rouge, nous étions deux « décalés » en blanc, deux anciens aumôniers ; toujours un peu dedans, toujours un peu distant, les propos me parvenaient avec leur force et leurs frottements, et avec toutes ces petites pensées que la distance permet, que la distance suscite, toutes ces petites pensées qu’il n’est pas bien de laisser advenir mais qui titillent le quidam au défaut de ses attentions.

Alors j’ai prié, de loin, fortement et autrement,
j’ai souri parfois, de joie ou d’amusement,
j’ai rejoint le rang de ceux qui souvent restent loin, car la lumière les effraie, car la chaleur les inquiète, car à distance on peut se protéger.

Jérôme, un ancien coopérant m’avait appris, et j’en suis persuadé, que ce sont ces lointains qu’il faut le plus aimer. Alors si un jour tu veux t’approcher, pour être de la fête, pour toucher la chaleur de la communauté, pour te laisser saisir un peu plus par le Christ, ta place est réservée, un banc plus près, à chaque fois ; mais si d’ici là tu veux rester derrière, dans la pénombre de ton pilier, ou derrière ta table gravée avec application au compas, sache que même de loin, tu es là, tu es respecté, tu es des nôtres, y compris avec ceux qui n’ont même pas poussé la porte,
tu es … aimé (même si on n'aura pas bien su te le manifester, tout scellé que tu es).

La communauté pour laquelle le Christ se donne, tu en es,

Tu en es même le cœur.

Je vous assure de ma plus profonde amitié,

P. David

ici, chaque matin, quelques intentions que vous pourrez associer à votre prayinglist.

pour des éprouvés : les rudoyés par la nuit ou la souffrance, ou atterrés par l'inconnu de demain. Les résidents des EHPAD touchés par le virus.
pour des défunts : Pierre Pain
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