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Bonjour à vous, 

Ici même, nous parlons souvent des initiatives qui se développent sur le continent dans le domaine de l’apprentissage en ligne. Mais il faut dire que le dernier rapport de l’Unicef, quoique finalement peu surprenant, a douché un peu notre enthousiasme. Nous y reviendrons quand même. Côté avancées technologiques, nous vous parlerons de la dernière idée de Facebook et des informations peu optimistes pour l'expansion de la 5G sur le continent.

Bonne lecture et très bonne semaine.

 
📋 A RETENIR
📌 A LA UNE

Des jeunes privés d’internet à domicile

Allez, pas tous les jeunes africains. Mais quand même : selon le dernier rapport de l’Unicef, publié en partenariat avec l’Union internationale des télécommunications, 90% des moins de 25 ans en Afrique subsaharienne, soit 642 millions d’individus, n’ont pas accès à la toile depuis leur domicile. Dans l’ouest du continent, cette part s’élève à 95%. Des chiffres éloquents, qui cachent évidemment certaines disparités. Des disparités en fonction, déjà, des revenus de la famille : si l’on considère, par exemple, la zone Afrique de l’Ouest / Afrique centrale, dans les familles les plus aisées, l’accès à internet à la maison est une réalité pour 16% des plus jeunes, contre seulement 1% dans les familles les plus pauvres. Les disparités sont aussi géographiques : en Afrique de l’Est et australe, les jeunes des villes ont un accès quatre fois supérieur à leurs camarades habitant les zones rurales.

Ce constat est difficile alors que les initiatives pour promouvoir le e-learning bourgeonnent sur le continent, en ces temps de pandémie. Ainsi "cette fracture numérique compromet considérablement la capacité des jeunes appartenant aux ménages pauvres des zones rurales à acquérir les compétences nécessaires pour se construire un avenir meilleur", préviennent les auteurs du rapport. On en parle plus en détail sur notre site.

SuperCell : Facebook, toujours plus haut en Afrique

Google a ses ballons Loon et ses tours à faisceaux lumineux (à lire ici), Facebook a SuperCell, sa nouvelle idée pour connecter les zones rurales à internet, notamment en Afrique, et dont la firme de Menlo Park vient de rendre compte des premiers résultats. SuperCell est une solution de couverture réseau qui repose sur… des super-antennes (jusqu’à 250 mètres de hauteur tout de même). Une seule de ces stations peut couvrir une zone géographique 65 fois plus grande qu’une station classique, affirment les ingénieurs de Facebook dans un billet de blog. "Dans une analyse des régions non couvertes au Nigeria, […] nous avons déterminé qu'une seule SuperCell pouvait remplacer 15 à 25 macro-cellules traditionnelles, ou des centaines de petites cellules, pour fournir une couverture au même nombre de personnes." Dans cette région, ce type d’antenne aurait "un fort impact". Mais ce n’est pas la seule : Facebook a aussi conduit une étude poussée dans quatre régions du Cameroun et n’attend plus, désormais, que de nouer ses premiers partenariats commerciaux.

La cybersurveillance israélienne a pignon sur rue en Afrique

Big Brother regarde de plus en plus les Africains. Parfois, ses yeux sont chinois – c’est notamment le cas en Ouganda, où des équipements Huawei épient la population pour le compte du gouvernement. Ailleurs, ils sont israéliens. Le Nigeria, le Kenya, le Zimbabwe, le Botswana, la Guinée équatoriale, le Maroc et la Zambie ont tous fait appel à la startup Circles, sise à Tel Aviv, selon un rapport du Citizen Lab, un laboratoire de recherche dédié aux technologies de contrôle de l’information, adossé à l’Université de Toronto, au Canada. La société israélienne fournit une plateforme de surveillance qui permet d’accéder aux appels, aux SMS et aux données de localisation de ses cibles. Selon les chercheurs, Circles serait liée au NSO Group, une entreprise israélienne attaquée en justice par Facebook pour avoir répandu le logiciel espion (spyware) Pegasus sur 1 400 comptes WhatsApp.
Lire le rapport du Citizen Lab

Talents africains : le Royaume-Uni et les Etats-Unis (r)ouvrent les portes

Si les structures d’incubation et de formation fleurissent sur le continent, la Silicon Valley continue de faire rêver bon nombre d’entrepreneurs africains. Problème : l’administration Trump a sérieusement durci, en début d’année, les conditions d’obtention des fameux visas H1-B, dont se servaient les géants de la Tech pour attirer les talents du monde entier, notamment africains. Mais un juge fédéral vient de revenir en partie sur ce tour de vis. Et il est peu vraisemblable que le nouveau président Joe Biden suive la route tracée par son prédécesseur. Dans le même temps, au Royaume-Uni, on continue de multiplier les permis d’entrée alléchants pour les entrepreneurs du continent. Le visa Entrepreneur ou le visa Startup sont de ceux-là, auxquels vient de se rajouter le Tier 2/skilled worker (plus général), spécialement conçu pour la période post-Brexit. Opportunité pour l’Afrique ou fuite des talents, toujours est-il que ces opérations de charme auront un impact sur l’entrepreneuriat africain, affirme le site Techpoint Africa, qui note qu’entre 2000 et 2018, l’immigration aux Etats-Unis en provenance d’Afrique a bondi de 292%.

La 5G, miroir aux alouettes des télécoms africaines ?

Plusieurs opérateurs en Afrique du Sud, Togocom au Togo, bientôt Airtel au Kenya et Orange et Free au Sénégal… Les premiers réseaux 5G se succèdent en Afrique. Comme partout ailleurs, les équipementiers se livrent une lutte sans merci, qui voit le leader Huawei perdre du terrain face à son rival Nokia et les opérateurs tentent de suivre le pas en dévoilant des smartphones compatibles. Mais à quoi bon se précipiter ? Au-delà des effets d’annonces, l’avenir de la 5G n’est pas si reluisant en Afrique. Après la GSMA il y a un mois et demi (à retrouver sur notre site internet), c’est Ericsson qui le dit : en 2026, la pénétration de la 5G sera seulement de 5 % sur le continent, estime l’équipementier suédois dans un récent rapport. Et pour cause : la 2G et la 3G resteront les réseaux privilégiés des Africains dans les cinq prochaines années, même devant la 4G. D’autant plus qu’en termes de connectivité, l’Afrique a bien d’autres priorités, comme mettre en place des politiques plus ambitieuses sur le haut débit et une régulation plus transparente pour faciliter l’accessibilité d’internet pour tous les Africains, argue Teddy Woodhouse, directeur de recherche au sein de l’ONG Alliance for Affordable Internet (A4AI). "La 5G ne doit pas être la priorité des opérateurs", tranche-t-il dans un entretien accordé cette semaine à Jeune Afrique.
 
📆 A VENIR
10 décembre : 3e édition du Ghana Tech Summit, un événement organisé par le réseau d’accélérateurs Global Startup Ecosystem. 5 000 visiteurs virtuels sont attendus | En ligne | S’inscrire

10-13 décembre : hackathon "EU-Africa, The Post Crisis Journey", qui vise à trouver des outils technologiques pour combattre la crise sanitaire et économique due à la pandémie de Covid-19 | En ligne | En savoir plus

 
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